L'état de l'environnement en France : les chiffres clés

vendredi 13 mars 2009 Écrit par  Laurence Parmelan

indice-nitrate-cours-d-eau.jpgLe commissariat général au développement durable a publié cette semaine l'édition 2009 des 10 indicateurs clés de l’environnement (PDF). Evolution de la qualité de l’air, de la pollution de l’eau, ou encore émissions de gaz à effet de serre et production d’énergie d’origine renouvelable. Si certains chiffres progressent, d'autres ne vont pas dans le bon sens.

Selon un sondage de l'Insee, le réchauffement de la planète et la pollution de l’air sont les deux préoccupations majeures des Français*. On peut se réjouir des résultats du rapport "10 indicateurs clés de l’environnement" réalisé par le Commissariat au développement durable qui estime que les émissions de gaz à effet de serre (GES) ont globalement diminué de 5,6 % (entre 1990 et 2007) et que la qualité de l’air des villes françaises s’est globalement améliorée (entre 2000 et 2007).

Dans le détail, les émissions de GES ont globalement diminué de 5,6% malgré que les émissions des transports aient augmenté de 19 % (27 % du total en 2007) ainsi que celles du résidentiel tertiaire (+6%). Ces hausses ont été compensées par la baisse des émissions industrielles et agricoles. Toutefois, on peut se poser la question de savoir si cette baisse est suffisante pour atteindre l'objectif européen de réduction des émissions de GES de 20 % d'ici 2020.

indice-pollution-de-l-air.jpgEt si la pollution de l’air  en milieu urbain s’est améliorée, au vu des teneurs de quatre polluants [dioxyde de souffre (SO2), ozone, (O3), dioxyde d’azote (NO2), particules fines dont le diamètre est inférieur à dix millièmes de millimètre (PM10)], c'est que la baisse des concentrations en dioxyde de souffre a été spectaculaire entre 2000 et 2007. Les concentrations de dioxyde d’azote sont elles en légère baisse,  les teneurs en ozone restent au dessus de leur niveau de 2000 et aucune tendance significative n’est observée pour les particules fines.

Quant à la qualité des cours d’eau vis-à-vis des nitrates (qui proviennent de l’utilisation des engrais en agriculture et des rejets des stations d’épuration), le bilan est contrasté. Pour plus de la moitié des cours d’eau, leur qualité est qualifiée bonne ou très bonne (inférieure à 2 mg de nitrates par litre ou comprise entre 2 et 10 mg). Alors que 17 % sont médiocre ou mauvais révélant une forte concentration de nitrates, supérieure à 50mg/litres. Le reste étant de qualité moyenne (entre 10 et 25 mg/litre).

La population des oiseaux a chuté de 18 % en 18 ans

indice-biodiversite-oiseaux.jpgDans le domaine de la biodiversité, la tendance générale d’évolution de 65 espèces d’oiseaux communs suivie reste préoccupante, d'après les données du Muséum d'histoire naturelle. En effet, entre 1989 et 2007 leur population a décliné de 18 % : (-28 % pour les espèces agricoles, -27 % des espèces des milieux bâtis et -18 % des oiseaux forestiers). Les espèces généralistes sont  moins affectées, avec une hausse de 10 % de leur population.

Quant à l'occupation des sols, les zones industrielles et commerciales ont progressé de 3 % entre 2000 et 2006, et représentent 5% du territoire en 2006. Un étalement qui se fait aux dépens des terres agricoles, dont la surface a diminué de 2 % dans la même période, même si l’agriculture occupe 60 % des surfaces (2006). Quant aux forêts et autres milieux naturels, ils occupent 34 % du territoire (-0,04 % entre 2000 – 2006). Les surfaces en eaux, qui occupent 1% du territoire, ont progressé de 0,6 % .

indice-dechets-menagers.jpgLe tri des déchets semble quant à lui porter ses fruits. Entre 1995 et 2006, alors que les quantités de déchets collectés par les municipalités ont progressé de plus de 21,4 % (de 28 à 34 millions de tonnes), le poids des ordures ménagères est resté stable (environ 20 millions de tonnes). Mais les quantités d’encombrants et des déchets verts acheminés en déchèteries ont triplés, alors que la collecte les emballages issus de la collecte séparative a lui triplé (données 2006 provisoires).

La part des énergies renouvelables en baisse...

En revanche, la production d'énergie primaire d'origine renouvelable a baissé entre 1990 et 2007. En effet, la part d'énergie verte représentait 15% de la consommation intérieure d'électricité en 1990 et 13 % de la consommation en 2007. Cette baisse est probablement due à une augmentation globale de la consommation d'électricité.
En 2007, la production d’énergie primaire d’origine renouvelable ( 18 Mtep - millions de tonnes équivalent pétrole) est aux deux tiers thermique, issue de la biomasse (bois, déchets, biocarburants, biogaz). L'électricité d'origine renouvelable représente le tiers restant et provient à 88 % de l'hydraulique, à 6% de la biomasse et à 6 % de l’éolien, en forte progression.

...alors que les dépenses pour l'environnement augmentent

Plus globalement, d'après les chiffres d'EDF, la production d'électricité en 2006 a représenté un total de 549,1 Térawattheures dont 78 % provient des centrales nucléaires, 12,1% est d'origine renouvelable dont 11,1% hydraulique et 1% autres (éolien principalement puis solaire) ; 9,9 % des centrales thermiques à flamme (gaz, fuel, charbon).

Les dépenses en faveur de la protection de l'environnement ont augmenté entre 1990 et 2006. Elles s’élèvent à 36,2 milliards d’euros, soit 2 % du PIB en 2006. Le financement est assuré à parts quasi égales par les entreprises, les administrations et les ménages. Les deux tiers de ces dépenses sont consacrés à la gestion des eaux usées et des déchets.

* Résultats d’une enquête Insee menée auprès des ménages français en avril 2008.

Consulter l'intégralité du rapport 2009 "10 indicateurs clés de l'environnement" (PDF)

Lire aussi sur DDmagazine

L'argent des déchets dans les paradis fiscaux

Kyoto, Poznan, Copenhague, et après ?