Le Earth Hour : une heure sans lumière pour la planète

mardi 24 mars 2009 Écrit par  Laurence Parmelan

earth-hour.jpgLe WWF appelle a éteindre la lumière samedi 28 mars "pour symboliser le sentiment d’urgence face au danger que représente le changement climatique". Citoyens, entreprises et municipalités sont invités à éteindre entre 20h30 et 21h30. "Le Earth Hour, une heure sans lumière, est un appel aux dirigeants du monde qui doivent négocier le futur accord sur le climat fin 2009 à Copenhague".

Le 1er février 2007, les associations écologistes de l’Alliance pour la Planète appelaient pour la première fois les citoyens et municipalités françaises à éteindre leurs lumières dans le cadre de la campagne intitulée "5 minutes de répit pour la planète". En 2008, le mouvement s’étendait à 35 pays ; 50 millions de personnes auraient alors participé à l’opération dont 10 millions en France.

En 2009 l’initiative prend une autre dimension. "L’objectif est une mobilisation mondiale de près d’un  milliard  de  terriens", explique le WWF qui estime que 80 pays et 1000 villes dont plus de 200 en France participeront à l’évènement. "Cette  initiative est particulièrement  importante  en  2009,  année qui sera marquée par  la  tenue du sommet  international sur le climat à Copenhague, qui décidera de l’avenir des politiques de lutte contre les changements climatiques", ajoute l’organisation écologiste. C'est en effet à Copenhague, en décembre prochain, que le traité en remplacement du protocole de Kyoto doit être adopté (voir notre article).

Ainsi des dizaines de monuments emblématiques seront éteints dans les plus grandes villes du monde : de la tour Eiffel à l’opéra de Sydney en passant par la Table Mountain d’Afrique du Sud, le Christ rédempteur de Rio ou la Tour Nationale du Canada à Toronto.

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Photos :  horitzons inesperats / moises.gonzalez @ flickr

Eviter un black out

Prenant les devants sur les critiques que peuvent susciter l’événement, le WWF prévient que l’objectif de Earth Hour n’est pas de réduire la consommation d’énergie ni les émissions de dioxyde de carbone pendant une heure. Et encore moins de provoquer un black out.

Afin d'éviter tout problème sur le réseau électrique, le WWF demande aux citoyens d’éteindre et surtout de rallumer les lumières progressivement. L'organisation appelle en outre à éteindre les lumières qui ne sont pas essentielles : les éclairages de plafond dans les maisons et entreprises, l’éclairage extérieur lorsque celui-ci n’a pas d’impact sur la sécurité, les lumières décoratives ou encore les néons publicitaires.

L’organisation prévient qu’il n’est pas absolument pas recommandé de couper toute son électricité. "On peut regarder la télévision, utiliser son ordinateur et son électroménager. Certaines lumières ne doivent d’ailleurs pas être éteintes pour des raisons de sécurité comme les éclairages des rues, les feux de circulation, les balises, etc.", précise WWF.

Pour prévoir au mieux l'impact de l'événement sur la consommation d'électricité, l’organisation écologiste est en relation avec Réseau de Transport de l’Electricité (RTE) en charge de la gestion du réseau électrique.

Quid de la pollution ? 

Earth Hour ne risque-il-pas d'être contre-productif et d'amplifer les émissions polluantes au moment du rallumage des ampoules ? A cette question, le WWF rétorque que l’horaire choisi correspond aux périodes de pointe. Et de préciser que "fin mars, ce sont les barrages hydrauliques qui sont utilisés pour fournir cette électricité de pointe".

Earth Hour va donc nécessiter une baisse puis une augmentation de la production des barrages hydrauliques, qui sont capables de réagir très rapidement sans mettre en danger la stabilité du réseau électrique et qui vont permettre d’ajuster la consommation et la production d’électricité. 

En éteignant nos lumières, il y a aura donc une réduction des émissions des gaz à effet de serre, conclut l'organisation. Car la consommation d’eau pour faire tourner les barrages diminuera et pourra être utilisée plus tard pour faire tourner les barrages au lieu de centrales polluantes (charbon, fioul, gaz).

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