Corruption : où faire fortune ?

mardi 01 novembre 2011 Écrit par  Yves Heuillard

Enquête sur la corruption de Transparency Intrenational

L'enquête annuelle de Transparency International vient d'être publiée. La carte de la corruption dans le monde, qui colore les pays de jaune pale à rouge foncé selon leur degré de corruption, est totalement effrayante.  

Les conclusions de l’Indice de Perception de la Corruption (IPC) de Transparency International évalue la corruption affectant le secteur public des états. La grande majorité des 178 pays faisant partie de l’Indice 2010 obtiennent une note inférieure à cinq sur une échelle de 0 (haut degré de corruption perçu) à 10 (faible degré de corruption perçu). L’IPC évalue la perception du niveau de corruption affectant l’administration publique dans un pays donné. Il s’agit d’un Indice composite, fondé sur 13 enquêtes différentes menées auprès d'entreprises ou d'experts. La méthodologie et les sources d'informations sont détaillées par Transparency International. Les résultats de cette année ne diffèrent malheureusement pas beaucoup de ceux de l'année dernière

Les notes les plus élevées de l’IPC 2010 sont attribuées à la Nouvelle-Zélande avec, au Danemark et à la Finlande dont le score s'améliore encore.  Toujours parmi les mieux notés, la Suède, Singapour, puis la Norvège qui remonte de la 10ème place à la 6ème. Viennent ensuite les Pays-Bas, l'Australie, la Suisse (qui était en 5ème position en 2009)  et le Canada qui perd 4 places (de la 6ème place en 2010 à la 10ème place, un glissement significatif). Ces chiffres témoignent d’une stabilité politique, d’une régulation des conflits d’intérêt mise en place depuis longtemps et d’institutions publiques solides et efficaces.

carte de la corruption 2009

Cliquez sur la carte pour accéder à la carte interactive originale

L'observation de la carte de la corruption, montre à l'évidence que les plus hauts standards de vie sont atteints dans les pays où la corruption est la plus faible, essentiellement en Europe du nord, en Amérique du Nord, en Australie et en Nouvelle Zélande. C'est dans ces pays que la chance de faire fortune, honnêtement du moins, est la plus élevée. Si vous n'êtes pas à l'aise avec l'honnêteté, le reste du monde vous appartient, à des degrés divers, vous n'avez que l'embarras du choix. Notez qu'un indice de corruption bas est généralement corrélé avec une faible espérance de vie.  

L'Union Européenne de la corruption est très contrastée avec d'un côté (du plus corrompu au moins corrompu) la Bulgarie (3,3), la Grèce (3,4), la Roumanie (3,6), puis l'Italie ne dépassant pas 3,9 ; et d'un autre les pays du nord de l'Europe avec des notes souvent supérieures à 9 ; l'Irlande passe de la 14ème position en 2010 à la 19ème en 2011, Les Pays-Bas, l'Allemagne, et Luxembourg conservent leur position avec des notes entre 8 et 9. Hors Union Européene mais en Europe, ajoutons la Norvège, l'Islande, et la Suisse aux pays les mieux notés du monde.

Avec 7,0 la France, plus précisément les administrations françaises progressent légèrement et se situent dans le deuxième tiers des pays de l'Union Européenne, et en queue de liste des pays développés les plus riches du monde, juste après les U.S.A (7,1) et assez loin du Royaume-Uni (7,8).  Pas de quoi pavoiser. Nous avions souligné en 2010 la progression du Chli, mieux noté que la France, position maintenue en 2011 avec une note de 7,2. 

Les états fragiles et instables, marqués par la guerre et les conflits permanents, demeurent en bas du classement. Il s’agit de la Somalie et de la Corée du Nord, avec un score de 1,0, puis entre 1,1 et 1,8, l’Afghanistan, le Myanmar le Soudan, le Turmenistan, l'Ouzbekistan, l’Irak, et Haïti. Dans nombre de pays du bas de l'échelle, des conflits de longue date ont détruit l’infrastructure de gouvernance.

Le développement durable, qui par nature s'appuie sur des politiques publiques contraignantes, des incitations financières ou fiscales fortes, un cadre réglementaire strict, une considération première donnée à l'intérêt général et au long terme, se dissout mal dans la corruption. Son cousin le greenwashing, en français l'imposture verte, s'en accomode fort bien.

 

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