L'architecture qui fait du bien

lundi 01 février 2010 Écrit par  Yves Heuillard

L'école Cooper Union, intérieur de l'immeuble

Nous sommes à New York, à l'Union Cooper, l'une des plus prestigieuses écoles d'arts et d'architecture du monde. Le nouveau bâtiment, conçu par Thom Mayne, terminé en 2009, ne pouvait par faire moins que de devenir une icône de l'architecture de Manhattan, et un modèle environnemental. [Photos CC John R Hawk]

L'école Union Cooper, vénérable institution de 150 ans d'âge, reste fidèle à la volonté de son fondateur, Peter Cooper, de donner la meilleure éducation à ceux qui n'en ont pas nécessairement les moyens. "Une éducation gratuite comme l'air ou comme l'eau" disait Cooper, qui n'avait pas eu la chance d'étudier mais devint richissime industriel. L'institution est toujours financée par la générosité publique, les dons et les legs des anciens élèves.

Cooper Union, le bâtiment à ManhattanC'est l'architecte californien Thom Mayne, connu dans le monde entier pour ses formes à la fois fluides, sensuelles et vertigineuses, qui fut chargé de la construction du nouveau bâtiment, avec la mission d'en faire une nouvelle icône architectural de Manhattan (Thom Mayne devait construire la Tour Phare de 300 mètres, à Paris-la-Défense).

Le bâtiment est au standard LEED platinum, le standard de construction américain le plus rigoureux en matière environnementale et qui garantit une consommation inférieure de 40 % à celle d'un immeuble classique de ce type (on est toutefois loin des immeubles passifs ou même basse consommation).

copper union, l'escalier

Une seconde peau en acier inoxydable, récupère la chaleur des rayons du soleil en hiver, et protège le bâtiment des rayons du soleil l'été (voir notre article sur le mur solaire, qui illustre ce principe). Mais le bâtiment de Mayne est surtout un exemple universel d'immeuble qui fait du bien. C'est un modèle en matière d'incitation à faire de l'exercice, à rencontrer les autres.

copper union

Les ascenseurs sont très particuliers et probablement totalement déroutants au premier abord : ils ne s'arrêtent pas à tous les étages, mais seulement au rez-de-chaussée, au deuxième et au septième ! Pour aller dans les autres étages il faut prendre les escaliers. Mais quels escaliers ! Il sont en fait dessinés pour être l'agora de ce campus vertical ; ils opèrent une séduction irrésistible qui rend l'ascenseur caduque (les services et les handicapés disposent de leurs propres ascenseurs).

Les escaliers sont donc lieux de vie et de rencontres ; on y est bien. Le bénéfice est triple : réduction de la consommation d'énergie, exercice physique salutaire, socialisation. Mayne se définit comme un architecte modeleur de comportement.

En savoir plus sur le site de l'architecte

Laissez un commentaire

Assurez-vous d'indiquer votre nom.
Le code HTML n'est pas autorisé.