Alimentation : faire ses courses et consommer mieux

jeudi 01 avril 2010 Écrit par  Yves Heuillard

Selon une étude réalisée pour Système U, un foyer français achète en moyenne 990 kg de produits alimentaires par an, ce qui représente 1480 Kg de CO2. En consommant mieux l'économie de CO2 pourrait être de 25%.

L'étude présentée aujourd'hui par Système U, la 4ème enseigne de distribution alimentaire en France, a été réalisée par IRI, un des leaders mondiaux des études au point de vente, et GREENEXT, une start-up française fournisseur de données sur l’impact environnemental des produits de grande consommation.

Selon les résultats un ménage moyen achète 19 kg de produits alimentaires par semaine, soit 1480 kg par an. A titre de comparaison, 1 480 kg équivalent CO2 représentent 10 571 km parcourus en voiture (moyenne des émissions de CO2 au km des voitures vendues en 2008 en France - source ADEME). On constate un écart pouvant aller jusqu’à 24% entre l’impact carbone d’une liste de courses dite « mini carbone » et son équivalent dit « maxi carbone », pour des produits d’usage similaire. L'étude nous enseigne sur la production de CO2 par grandes familles de produits, et donne quelques pistes pour consommer mieux.

rayons alimentaires et CO2

On voit que les produits en vrac sont les moins impactants. Et à l'inverse, on pouvait s'y attendre, le surgelé, le frais emballé hors laitier, la boucherie, sont, en proportion, plus impactants. Les boissons non alcoolisées apparaissent comme peu impactantes au regard de leur volume (consitituées essentiellement d'eau).

Des pistes pour consommer mieux

De l'étude il ressort que le transport d’un produit peut représenter jusqu’à 85 % de son impact carbone total. C’est le cas, par exemple des poires consommées en France hors saison et produites dans l’hémisphère sud. A l’inverse, si nous décidons de consommer ce fruit en saison et produit en France, l’impact de son transport peut être considérablement réduit (à 10% de l’impact carbone total dans le cas de la poire). S’informer sur la provenance des produits, privilégier les produits locaux de saison permet de réduire l’impact de notre consommation en réduisant le poste transport.

L'analyse du cycle de vie

cycle-de-vie

La méthode la plus couramment utilisée pour évaluer l'impact d'un produit sur l'environnement est l’Analyse de Cycle de Vie (ACV).

Le cycle de vie d’un produit recouvre l’ensemble des phases d’existence d’un bien ou service, de la production des matières premières jusqu’à l’élimination (ou recyclage) en fin de vie. Pour chaque phase on fait l’inventaire des flux de matières et d’énergie.

L’emballage du produit peut lui aussi avoir un impact plus ou moins important sur l’environnement. Eviter le suremballage permet de réduire mécaniquement cet impact. De même, certains produits peuvent être réapprovisionnés grâce à des recharges adéquates. Enfin, tout en tenant compte de sa consommation personnelle et des dates de péremption, privilégier les grands conditionnements est un moyen de générer moins de déchets et donc de limiter l’impact des emballages sur l’environnement.

La production des ingrédients peut constituer jusqu’à 80% de l’impact carbone d’un produit sur la totalité de son cycle de vie. C’est par exemple le cas de certaines cultures de riz. Le choix d’ingrédients plutôt que d’autres, quand c’est possible, peut permettre de réduire significativement l’impact de sa consommation. Par exemple, des céréales pour le petit déjeuner à base de blé ont un impact carbone trois fois moins élevé que des céréales à base de riz.

Ces conseils, sur le fond, ne surprendront pas le citoyen écoresponsable. Mais ils ont l'avantage de reposer sur une analyse sérieuse des cycles de vie (voir encadré). Sans un telle étude, le bon sens nous invite à acheter des produits saisonniers, locaux, et en vrac, à manger des fruits frais plutôt que des jus de fruits, des fromages à la coupe, plutôt que des laitages dans des boîtes de plastique.

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Votre volume d'emballages en tout genre, issu de vos courses alimentaires, est un excellent indicateur de votre type de consommation. Un bon marché ne génère que quelques sacs de papier. Le bon sens nous dit aussi que votre santé devrait aussi s'y retrouver. Du côté de votre portefeuille, en supprimant le superflu, les boissons sucrées par exemple, et en faisant la cuisine plutôt que d'ouvrir des plats préparés, vous devriez pouvoir tenir dans votre budget habituel.

Références citées par les auteurs de l'étude

Livre Blanc de la Fédération des Entreprises et Entrepreneurs de France (FEEF) sur « les enjeux de l’information environnementale » avec le soutien de l’ADEME, GS1 et Greenext

Publication du CGDD sur « L’affichage des caractéristiques environnementales des produits » (janvier 2010)

Site de la plate-forme ADEME/AFNOR sur l’affichage environnemental

Rapport du groupe de travail n° 4 du Grenelle de l’environnement, sur les modes de production et de consommation durables

La consommation durable sur le site du MEEDDM

Site du MEEDDM sur les éco-labels

FCD (Fédération des entreprises du Commerce et de la Distribution) - “Les français et la consommation durable” - Etude Mars 2009

Méthodologie de l'étude

Ces estimations ont été calculées sur une année complète arrêtée fin 2009 au moyen des données scanning magasins CENSUS d’IRI France, grâce à son panel InfoScan Census® qui traite 99% du chiffre d’affaires des Hyper et Supermarchés en France, des données de vente Système U et des données carbone de GREENEXT, selon le nombre de foyers français. Les données de GREENEXT correspondent à une première évaluation de l’impact carbone des produits, construite au moyen de données représentatives du marché français. Ces données sont issues de la base de données GREENEXT comprenant le profil carbone des 500.000 produits de grande consommation français, dans le respect des recommandations des normes ISO relatives à l’Analyse du Cycle de Vie et du référentiel AFNOR-ADEME.

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