Kengo Kuma construit Effinergie BBC à Besançon

samedi 01 mai 2010 Écrit par  Yves Heuillard

La Cité des Arts de Besançon - Architecte Kengo Kuma

Un bâtiment public à vocation culturelle de 11000 m², certifié BBC effinergie, construit par un architecte japonais de renommée internationale, un chantier ouvert à vocation éducative, un bâtiment industriel préservé, Besançon nous épate. [Photos Kengo Kuma & associates] 

Le Grand Besançon, la Région Franche-Comté et la Ville de Besançon se sont associés en 2006 pour construire ensemble un grand pôle culturel. La Cité des Arts et de la Culture abritera ainsi, sous une même toiture monumentale, le Conservatoire à rayonnement régional (CRR) du Grand Besançon et le Fonds régional d’art contemporain (Frac) de Franche-Comté, sur 11 000 m² environ.

Dessiné par Kengo Kuma, architecte japonais de renommée internationale, le bâtiment, exemplaire d’un point de vue environnemental et énergétique, sera à la norme BBC Effinergie. La consommation d’énergie du bâti sera comprise entre 85 et 90 kWh/m².an, soit entre 60 et 65 après déduction d'environ 25 kWh/m².an de production photovoltaïque. Ce qui représente un gain de 52 à 54 % par rapport au référentiel de la réglementation technique RT2005.

Besançon, le Passage des Arts vers le Doubs

Le site du projet est splendide : d’un coté, les berges du Doubs. De l’autre, les collines. à l’intérieur du site le bastion de la Citadelle de Vauban et le bâtiment en briques des années 1930. La relation physique et visuelle avec le Doubs est traitée pour ne pas nuire à la contemplation du paysage naturel. Un escalier descend directement à une halte fluviale sur le fleuve.

Besançon, la Cité des Arts intègre parfaitement un ancien bâtiment industriel

Le montant total de l’opération est de 46,4 M€ toutes dépenses confondues, dont 26,2 M€ HT de travaux. Et l’ouverture est prévue début 2013. Début de la construction : mai 2010. Durée du chantier : 30 mois.

Toiture pixelisée et façade en damier

La toiture paysagère constitue la pièce maîtresse du projet. Comme une fine feuille d’arbre, elle se pose sur les bâtiments neufs, et dans ce même mouvement, unifie l’ensemble du projet. Des pixels de végétation, d’aluminium, de verre et de panneaux photovoltaïques, sont organisés pour répondre aux besoins des espaces abrités : plus transparents au dessus, plus opaques au dessus des espaces de travail.

Les façades principales sont constituées de matériaux en bois, aluminium et verre. Leur motif est propre à l’architecture de Kengo Kuma et s'inspire du ichimasu un motif en damier présent dans les textiles japonais depuis des siècles. La patine du bâtiment existant témoigne du passé industriel du site, ancien port fluvial. Kengo Kuma désire conserver les parties qui peuvent l'être. Les façades seront nettoyées et gardées dans leur état. Le vieux bâtiment sera isolé de l’intérieur afin de répondre aux exigences thermiques.

Aspects thermiques

La sobriété et la simplicité ont été privilégiées le plus possible, notamment par le recours au renouvellement naturel de l’air intérieur et l’absence d’une climatisation générale à laquelle a été préféré un plancher rafraîchissant par échange direct avec l’eau de la nappe. Il faut noter que les performances thermiques seront atteintes en tenant compte de l’ancien bâtiment industriel présent sur le site (environ 1200 m² de surface utile réhabilitée).

Besançon, la Cité des Ars

Pour la production et diffusion d’énergie, après étude comparative des différentes filières envisageables, le choix s’est porté sur une production d’énergie chaud/froid par pompes à chaleur (PAC) fonctionnant sur la nappe du Doubs. Elle est essentiellement dédiée au chauffage. Elle produira aussi de l’eau glacée pour la climatisation qui n’a pu être évitée dans certaines salles du fait de leur volume ou de leur fréquentation importante (auditorium, salle d’orchestre, salles de danses, salle de conférence, salles d’exposition, …).

Kengo Kuma

Kengo Kuma, architecte

Né à Kanagawa (Japon) en 1954. Suit des études d’architecte et d’ingénieur à l’Université de Tokyo, diplômé en 1979, chercheur à l’université de Columbia (1985-86).

crée son cabinet de design en 1987, son cabinet d’architecture, Kengo Kuma & Associates, en 1990. En 1998, il devient professeur émérite à la Faculté d’études Environnementales de la Keio University, puis au sein de la Faculté des Sciences et Technologie de cette même université.

En 2008, il crée “Kengo Kuma & Associates Europe” à Paris. En 2009, il devient professeur à la Graduate School of Architecture de l’Université de Tokyo. La Cité des Arts de Besançon est sa première commande française

Le chauffage se fera essentiellement par le plancher. Il sera réversible pour permettre également le rafraîchissement avec simple échangeur sur l’eau de la nappe d’accompagnement du Doubs. La sur-toiture de 5 600 m² comportera 1 200 m² de panneaux solaires pour une production annuelle de 120 000 kWh. Une VMC double flux et des centrales de traitement de l’air sont prévues pour les petites salles (notamment du côté de la circulation automobile pour protéger du bruit et préserver de la pollution) ainsi que dans les salles de grand volume ou de forte fréquentation évoquées plus haut.

Les matériaux

à partir de l’analyse des cycles de vie et des calculs de l’énergie grise, le choix a été fait de recourir de manière importante au bois : charpente en lamellé collé, parement de façade, second oeuvre des grandes salles comme l’auditorium, la salle d’orchestre et la salle de conférence. Pour les revêtements de sol (plus de 10 000 m²) : caoutchouc, béton ciré, béton, parquet, terrasse bois.

Chantier pédagogique et ouvert

Le chantier sera à faibles nuisances environnementales (bruit, pollution des eaux, de l'air et des sols, limitation des déchets, travail en flux tendu pour éviter les sur-emballages de protection). Une attention particulière sera prise pour que les habitants du quartier, les passants, et les gens de la région puissent s’approprier le chantier avec par exemple une maison du chantier pour recevoir le public et les groupes scolaires, des encoches dans les palissades et une approche paysagère pour voir le chantier.

Décidément Besançon, la communauté de commune du Grand Besançon et la Région Franche-Comté mériterait bien le prix DDmagazine 2010 de la collectivité locale la plus DD.

Laissez un commentaire

Assurez-vous d'indiquer votre nom.
Le code HTML n'est pas autorisé.