Pesticide dans les bananes : Le professeur Belpomme avait raison

jeudi 24 juin 2010 Écrit par  Nicolas Sivan

Une étude vient de révéler que le chlordécone, un pesticide utilisé aux Antilles dans les bananeraies, provoque une augmentation du risque de cancer de la prostate. Paru il y a 3 ans, le « rapport Belpomme » évoquait clairement ces risques(1).[Photo: epSos.de @flickr]

Le 17 septembre 2007, le Pr. Belpomme dénonçait un « désastre sanitaire aux Antilles… Un véritable empoisonnement de la Martinique et de la Guadeloupe » par le chlordécone.

Patatras, les ventes de bananes antillaises s’écroulent, et d’autres productions agricoles sont touchées. Mais le lendemain, soit le 18 septembre 2007, l’Institut de Veille Sanitaire s’empresse d’émettre un communiqué sur le sujet : « A ce jour, aucun lien n’a été démontré entre l’exposition aux pesticides aux Antilles et les observations sanitaires qui y ont été effectuées. La plus grande fréquence absolue du cancer de la prostate aux Antilles par rapport à la métropole peut être expliquée par l’origine ethnique de la population »(2).

Le Pr. Belpomme, président de l’ARTAC (Association pour la Recherche Thérapeutique Anti-Cancéreuse), est alors obligé de se rétracter. Pendant l’émission « Toutes les France », diffusée sur France ô, il répète à plusieurs reprises qu’ « il n’y a pas de désastre sanitaire ». Pourtant, le chlordécone est interdit d’utilisation aux Antilles depuis 1993. Utilisé pendant une vingtaine d’années, il reste présent à forte dose dans les sols. Mais sans preuve scientifique solide, le Pr. Belpomme ne peut pas justifier qu’un produit destiné à tuer, comme un pesticide, puisse être dangereux pour l’homme.  

C’est maintenant chose faite. L’étude publiée dans le Journal of Clinical Oncology par l’Inserm et le CHU de Pointe-à-Pitre, met en évidence le lien entre le chlordécone et le cancer de la prostate (3). Une victoire pour le Pr. Belpomme, malmené et remis en question tout au long de cette affaire. Fort de son succès, le cancérologue tire la sonnette d’alarme dans un récent communiqué de presse de l’ARTAC. « On ne peut pas se masquer les yeux et continuer à faire une politique de l’autruche bradant la santé publique et le bien être de nos concitoyens en permettant la poursuite de l’utilisation en grande quantité de pesticides CMR (Cancérigènes, Mutagènes et Reprotoxiques, ndlr)». 

Références:

(1) : Rapport du Pr. Belpomme sur le site de l'ARTAC .
(2): Institut de Veille Sanitaire
(3): Site de l’Express: "Le chlordécone, un pesticide contre les charençons et contre l'homme ". 

1 Commentaire

  • Lien vers le commentaire vendredi 28 janvier 2011 Posté par Socrate

    Tout ceci montre que Belpomme n'est pas bien sérieux.
    S'il avait raison, comme vous l'affirmez, pourquoi s'est-il rétracté ? Pourquoi a-t-il refusé de venir témoigner devant les parlementaires ?
    Autre paradoxe : Belpomme s'appuie sur l'étude de Luc Multigner et ses collaborateurs pour dire qu'il avait raison... contre Multigner et ses collaborateurs. Car ce sont bien eux qui avaient dénoncé le comportement irresponsable de Belpomme !

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