Énergie : bilan 2009 pour la France

jeudi 08 juillet 2010 Écrit par  Nicolas Sivan

La centrale de Cattenom

Le ministère de l’écologie, de l’énergie, du Développement durable et de la Mer vient de présenter le bilan énergétique 2009 de la France : il traduit des évolutions d’une ampleur sans précédent sur fond de récession et de mise en place du Grenelle de l'environnement.

La consommation d’énergie primaire diminue de 5,2 % en 2009, une baisse d’une ampleur jamais enregistrée depuis 1975. Avec 259 millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep), elle retrouve à peu près son niveau d’il y a 10 ans. Vous trouverez ci-dessous les grandes lignes du rapport et le document complet officiel à télécharger en fin d'article. Le rapport fait état de calculs en énergie primaire ou en énergie finale ; si vous n'êtes pas à l'aise avec ces notions cet article sur ce que cache le mot "kWh" vous est destiné.

La consommation d’énergie finale diminue dans tous les secteurs :
-9,7 % dans l’industrie
-1,1 % dans les transports
-0,9 % dans le secteur résidentiel-tertiaire
-3,1 % dans l’agriculture

Au total, elle baisse de 3,8 % en 2009.

Les raisons de ce fléchissement sont multiples. La première d'entre-elles c'est la crise économique. La demande a fortement diminué car l'activité s'est réduite. Pour preuve, on constate une chute de 10% de la production industrielle en 2009. De plus, le prix de l'énergie, qui a explosé en 2008, est resté relativement haut. L'ère de l'énergie bon marché semble révolue, ce qui pousse à faire des économies.

Avec un total de 38 milliards d’euros, soit 2% du PIB, la facture énergétique de la France a diminué d’un tiers en 2009.

Au final, la baisse de la consommation d’énergie, combinée à la très forte progression des énergies renouvelables, a entraîné en 2009 une diminution de 5,7 % des émissions de CO2 liées à l’énergie. La consommation finale régresse dans toutes ses composantes non renouvelables : -2,3% pour l’électricité, -2,7% pour le pétrole, -3,3% pour le gaz, et -23% pour le charbon. Les énergies renouvelables se singularisent avec une progression de 4%.

Nette progression des énergies renouvelables

La production d’énergie renouvelable poursuit sa progression, grâce aux mesures du Grenelle environnement (tarifs d’achat, Fonds Chaleur Renouvelable, appels d’offres, simplifications administratives et fiscales, réduction des délais de raccordement,…). La France connaît depuis deux ans un véritable bond en matière d’énergies renouvelables, avec une croissance de la production d’environ 16 % qui succède à plus de trente ans de stagnation, et ce malgré la baisse de l’hydraulique en raison des conditions climatiques. Les énergies renouvelables hors hydraulique augmentent de 23 %.

Chiffre de production d'énergie par filière renouvelable.
Source SOes.
energies renouvelables france

La production d’énergie renouvelable a augmenté de près de 3 millions de tonnes équivalent pétrole (tep) en deux ans, mais relativement peu cette dernière année (la hausse n’est que de 1,8 %, bien inférieure au 14% de l'année précédente).  La barre des 20 Mtep est, pour la première fois, quasiment atteinte. Toutefois, 500 Ktep sont issus du bois énergie et des biocarburants, contre 180 Ktep seulement provennant de l'éolien. Relativement faibles en proportion on assiste toutefois à une belle progression de l’éolien et du photovoltaïque.

Le parc éolien a franchi la barre des 4 500 MW, soit une hausse de 84.5 % en seulement deux ans. Chaque année, plus de 1 000 MW éolien sont désormais raccordés au réseau, soit l’équivalent de la puissance nominale d’un réacteur nucléaire. Cependant, une éolienne fonctionne en moyenne  pendant 25% du temps contre 80% pour une centrale nucléaure (ordre de grandeur).

La production d’électricité à partir d’éoliennes a représenté 7.6 TWh (térawatts-heures) en 2009. A titre d’illustration, il aurait fallu plus de 2.5 millions de tonnes de charbon pour produire une telle quantité d’électricité dans une centrale thermique. 

Le parc photovoltaïque a été multiplié par 7 depuis 2 ans ; il représentait environ 310 MW fin 2009, avec près de 45 000 installations raccordées.

Et pour le consommateur lambda?

Les ménages, pour qui les dépenses énergétiques sont difficilement compressibles, ont particulièrement souffert des hausses de prix en 2008. Les dépenses moyennes par ménage étaient alors de 1 500 € pour l’énergie domestique et 1 400 € pour les carburants. Au total, cela représentait 7,5 % de leur budget (ou 5,8 % de leur consommation effective, où l’on ajoute notamment les soins pris en charge par la sécurité sociale) pour une somme de 82 milliards d’euros. En 2008, la hausse des prix sur ces postes a été en moyenne de 9 % pour l’énergie domestique et de près de 13 % pour les carburants et lubrifiants. À consommation égale, le surcoût représentait en moyenne pour le ménage français une dépense supplémentaire de 130 € pour la maison et 168 € pour les carburants. 

D'après les communiqués officiels, le cru 2009 est excellent pour les consommateurs. En euros constants, les prix de l’électricité progressent un peu, mais ne sont qu’à 1,4 % de plus qu’il y a dix ans. Entre 2008 et 2009, les prix du gaz diminuent faiblement (- 3,6 %), mais surtout, les prix du fioul et du GPL chutent de 31 %. La baisse sur les carburants est elle aussi très sensible à - 17 %. Au total, la diminution serait, pour le ménage moyen, de l’ordre de 120 € pour l’énergie domestique et 240 € pour les carburants.

Téléchargement : Rapport 2009 complet. (format pdf, taille : 1 Mo)
Les chiffres sont issus du ministère de l'Ecologie, de l'Energie, du Developpement durable et de la Mer.
Photo : Toucanradio @flickr.

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