Des scénarios pour sauver la planète

mercredi 15 septembre 2010 Écrit par  Nicolas Sivan

La Terre entre nos mains

Ce vendredi 10 septembre 2010 s'est tenu à l'Assemblée nationale un symposium sur différents scénarios envisageables pour réduire nos émissions de CO2. Organisé par le Réseau Action Climatique France (RAC), il a réuni des spécialistes de diverses nationalités afin qu'ils présentent les solutions imaginées pour tenter d'enrayer le réchauffement planétaire. [Illustration : aussiegall @flickr]

« Pour ne pas être hémiplégique, il faut parler de politique climatique et énergétique ». En ouvrant ainsi la conférence, le député vert Yves Cochet résume le constat établi par chacun des scénarios présentés. Dans toutes les propositions faites pendant la matinée, c'est l'amont de la production de CO2 qui est étudiée afin d'en modifier l'aval. Ici, pas de place pour les partisans de la capture du dioxyde de carbone dans les océans ou de l'injection dans l'atmosphère de produits neutralisants.

En tout, quatre scénarios ont été passés en revue. ENCI-Lowcarb et Négawatt concernent la France, Zero Carbon Brittain le Royaume-Uni, et Inforse-Europe le Danemark. Nous n'allons pas tous les résumer, mais plutôt en dégager les points communs. Ce qui nous permet de récapituler les travaux à entreprendre pour peut-être enrayer le réchauffement planétaire et donc les dérèglements climatiques. 

Tout d'abord, il est nécessaire de suivre deux grandes lignes de conduite : la sobriété énergétique et l'efficacité énergétique. Faire preuve de sobriété consiste à réduire les gaspillages dont nous sommes plus que friands aujourd'hui. Réduire le chauffage en mettant un pull, profiter le plus possible de la lumière du soleil, s'alimenter avec des produits locaux et de saisons... et évidemment réduire les besoins en énergie de nos moyens de locomotion. L'efficacité est quant à elle déjà en route puisqu'elle permet de faire des économies en cette période de crise. Diviser par 2 voire par 5 notre consommation énergétique sans modifier nos modes de vie est possible. Mieux isoler nos maisons, utiliser des ampoules à LED, prendre un peu plus les transports en commun. Toutes ces recommandations semblent découler du bon sens. Pourquoi utiliser toujours plus que nécessaire ? 

Prévisions scénario Negawatt

D'un point de vue énergétique, tous les scénarios recommandent dans un premier temps de stabiliser notre consommation. En effet, si l'on peut quantifier les besoins en énergie exacts il est possible de ne produire que la quantité souhaitée. Ainsi, les pics de consommation si problématiques en France sont anticipés et maîtrisés grâce à une production d'énergie propre. Quelque soit le pays concerné, remplacer nos vieilles centrales à fuel ou à charbon par des énergies vertes est un point central. Certains souhaitent même arrêter d'utiliser le nucléaire, mais les plus sobres conseillent simplement de ne plus construire de nouvelles centrales et de continuer à utiliser celles déjà en place. Autre point important, il semble nécessaire que chaque région du monde devienne indépendante d'un point de vue énergétique. S'équiper de plus d'éoliennes, de barrages hydroélectriques ou de champs de panneaux solaires permet d'éviter de folles dépenses en gaz ou en pétrole. Cette proposition est doublement intéressante puisqu'elle permet d'une part de faire travailler les locaux, et d'autre part de réaliser de substantielles économies.

En ce qui concerne les transports, de nombreuses améliorations sont à apportées. D'après les calculs effectués, notre mobilité serait largement augmentée en regroupant nos déplacements. Ne plus utiliser de voiture pour les longs trajets et doubler la quantité de voies ferrées semble être la première étape conseillée. D'une façon générale, tous les experts estiment qu'il va falloir apprendre à faire sans énergies fossiles. De gré, ou de force car nos réserves en pétrole, gaz et charbon sont limitées, c'est l'électricité qui doit devenir notre première source d'énergie au quotidien. Beaucoup d'espoirs reposent sur les avancées technologiques dans le stockage de celle-ci. 

Emissions de CO2 de l'agriculture

Mais viendra un moment où nous devrons changer nos modes de consommation. La planète ne peut pas fournir une quantité infinie de ressources. Lorsque nous serons neuf milliards d'êtres humains sur terre, il faudra essayer de se diviser correctement les ressources. Prenons l'exemple de l'agriculture. Aujourd'hui, une grande partie de celle-ci est utilisée pour nourrir des élevages de bêtes. En consommant moins de viandes, de grandes quantités de ressources alimentaires seraient mises à disposition des populations. De plus, de grandes quantités d'eau sont gaspillées chaque jour dans l'arrosage. En France, plus de 40% de l'eau utilisée chaque jour sert pour l'arrosage. En faisant pousser des végétaux peut demandeur d'eau et qui constituent de bonnes ressources alimentaires, notre capacité de nutrition serait largement augmentée. Se limiter à faire avec ce que l'on a, voilà l'un des enseignements les plus fondamentaux à tirer de ces scénarios.

Enfin, si nous arrivons à mettre tous ces changements en place, nous pourrons sereinement envisager de réparer les dégâts déjà commis. Le scénario Zero Carbon Brittain évoque la possibilité de recycler une grande partie de nos ordures pour produire de l'énergie et de nouveaux matériaux à large échelle. Encore une fois, il s'agit de se limiter à ce que l'on a. D'après les prévisions, en réduisant nos émissions de CO2 par 4, le fameux facteur 4, beaucoup de choses rentreraient d'elles-mêmes dans l'ordre. Les océans, les forêts et le sol incorporeraient d'eux-même l'excédent de CO2 présent dans l'atmosphère ce qui permettrait, avec 75% de chances de réussite, de limiter l'augmentation de température à 2°C d'ici à 2030.