Thich Nhat Hanh : approche bouddhiste de l'écologie

dimanche 03 octobre 2010 Écrit par  Lancelot Delahaye

Couverture de The world we have : a buddhist approach to peace and ecologyLe maître bouddhiste Thich Nhat Hanh se penche sur les dégâts que nous causons à la planète. Dans son nouveau livre, Le monde que nous avons : une approche bouddhiste de la paix et de l'écologie , il évoque notamment la nécessité d'un changement spirituel afin d’éviter la catastrophe.

Thich Nhat Hanh est de ces hommes qui sont écoutés, respectés et admirés partout où ils passent. Ce moine bouddhiste vietnamien milite activement pour la paix et les droits de l’Homme. thich nhat hanh et ses disciples.jpgDes centaines de milliers de personnes dans le monde suivent l’enseignement du sage, nommé Thay par ses disciples. Chacun de ses livres rencontre un succès critique et public qui ne décroît pas malgré la cinquantaine d’ouvrages écrits par l’octogénaire paisible mais engagé.

Il revient avec un nouveau livre pour un nouvel engagement : The World We Have : A Buddhist Approach to Peace and Ecology. Traduisez : Le monde que nous avons : une approche bouddhiste de la paix et de l’écologie. Best-seller depuis deux ans dans les pays anglophones, l’œuvre devrait bientôt arriver chez nos libraires.

Ne baclez pas les choses

« Quelle que soit la tâche que vous effectuez, faites-la lentement, tranquillement, avec l’attention qu’elle mérite. Ne la bâclez pas pour en finir. Soyez détendu en toute chose et portez y toute votre attention » nous conseille Thich Nhat Hanh. Le maître bouddhiste n’est pas le seul à prôner la tranquillité d’esprit et la lenteur dans nos vies. Carl Honoré, un journaliste canadien, est l’auteur du best-seller Eloge de la lenteur.

Dès les premières pages du livre, Thay transmet sa pensée : « L’état de le Terre aujourd’hui a été créé par une production et une consommation irréfléchie. Nous consommons afin d’oublier nos soucis et nos angoisses. S’apaiser en consommant à outrance n’est pas la bonne solution ». Il aspire en effet à créer une prise de conscience spirituelle qui remplacerait notre vie basée sur la consommation.

Thay désire un retour à un monde plus simple et moins hostile, basé sur le respect de l’autre et de l’environnement. Les idées du moine militant plaisent aux lecteurs si l’on en croit les appréciations, toutes positives, laissés sur Amazon . Thich Nhat Hanh présente « un guide de la dimension spirituelle de l’environnementalisme selon une perspective bouddhiste » commente un lecteur.

Dans une des rares interviews qu’il accorde, le maître bouddhiste déclare que « nous avons les technologies nécessaires pour sauver la planète mais ça ne suffit pas car le peuple n’est pas prêt ». Il développe l’idée que la pollution dite « physique » n’est pas la seule menace pour la Terre. « Nous devons aussi nous concentrer sur la pollution spirituelle, l’atmosphère toxique dans laquelle nous vivons ».

« Nous devons nous concentrer sur la pollution spirituelle, l’atmosphère toxique de haine et de peur dans laquelle nous vivons »

Il explique ensuite que notre mode de vie actuel génère la haine et la peur. Thay considère le capitalisme comme « une maladie répandue partout sur la planète », portée par le vent de la mondialisation. « Nous avons construit un système que nous ne contrôlons plus. Un système duquel nous sommes aujourd’hui esclaves et victimes ».

 

Devenu moine à 16 ans, Thich Nhat Hanh essaye depuis de transmettre cette paix intérieure qui conduit à la paix avec autrui. Son engagement pacifique pendant la guerre du Vietnam convainc Martin Luther King de s’opposer publiquement à ce conflit. Le leader afro-américain le propose ensuite pour le Prix Nobel de la Paix en 1967.

Treize ans plus tard, le moine s’exile en France où il fonde le Village des Pruniers , un lieu de retraite et d’enseignements, dans le Lot-et-Garonne. Depuis, ses enseignements se sont répandus de par le monde et ont donné naissance à plus de quarante centres qui dispensent sa philosophie.

Photo de Thich Nhat Hanh source Wikimedia Commons