Bientôt des routes faites de panneaux solaires ?

lundi 18 octobre 2010 Écrit par  Yves Heuillard

Illustration de ce que serait la route solaire

Capable de donner sa confiance à des entrepreneurs archarnés travaillant dans un garage, l'Amérique réitère tous les jours avec les technologies vertes ce qu'elle a réussi avec les technologies de l'information. Ainsi la petite entreprise américaine Solar Roadways a reçu une suvbention de 100 000 dollars de la part du Département américain des transports pour développer un prototype de route solaire, autrement dit une route faite de panneaux solaires sur lesquels les voitures pourraient rouler. [photo extraite de la vidéo ci-dessous]

Pour Scott Brusaw le fondateur de Solar Roadways rien ne s'oppose à la réalisation de routes faites de panneaux solaires, sauf que personne n'a encore jamais tenté de rouler sur des routes de verre. Les premiers tests seront faits en février prochain : un camion de 30 tonnes roulera inlassablement sur un petit bout de route de 18 mètres jusqu'à marquer 483 000 kilomètres au compteur.

La une du site de Solar Roadways
La une du site de Solar Roadways est un condensé de la pensée de ses fondateurs 

La surface de la route doit à la fois être transparente pour des raisons évidentes, mais pas éblouissante, nervurée pour que les pneus s'y accrochent, résistante à l'usure, contenir des systèmes de dégivrage et de nettoyage pour conserver ses capacités par tous les temps.

Le prototype de route solaire est constitué de 1024 modules solaires, chacun contenant une cellule solaire, des diodes électroluminescentes (LED) et un supercondensateur (dispositif qui conserve l'électricité généré pendant un temps court), le tout coincé entre une couche de verre et un matériau conducteur de l'électricité.

Scott Brusaw explique que les seules routes nationales américaines, sans compter les autoroutes représentent 230 000 kilomètres. Ils pourraient produire avec les rendements photovoltaïques d'aujourd'hui (15%) trois fois plus d'électricité que la production électrique actuelle de tous les Etats-Unis. Les routes pourraient contenir leur propre signalisation (d'où les LED), intégrer les réseaux électriques et de transmission de données, bref devenir intelligentes. (Explication dans la vidéo ci-dessous, en anglais). 

[video:http://www.youtube.com/watch?v=Ep4L18zOEYI 425x290]

Et si les voitures électriques devaient se développer, des stations de recharge pourraient être installées un peu partout. à moins que la recharge ne se fasse sans fil, par induction de la chaussée vers la voiture. Cela ne relève pas tant que ça de la science fiction, des start-ups comme WiPower travaillent la question, et obtiennent des rendements entre 60 et 90%. Les chercheurs nostalgiques des slot racing cars, ou du Scalextric si vous préférez, auront sûrement d'autres idées...

Est-ce vraiment possible ?

Interrogé par le magazine Scientific American, Richard Brow, un spécialiste des matériaux, considère que le défi à relever est colossal. Mais en même temps il relativise : "il y a 15 ans nous ne pensions pas que nous serions capable de faire les verres de 15 microns d'épaisseur qui recouvrent aujourd'hui les écrans des smartphones et qui sont capables de résister à la pression des doigts". Les techniques actuelles permettent de fabriquer des verres 10 fois plus résistants que les verres ordinaires, et des matériaux composites résistants faits de verre et de céramique ont déjà été mis au point pour l'industrie photovoltaïque.

Dans la vidéo ci-dessus (en anglais), Carlo Pentano, professeur de science des matérieaux à l'Université d'état de Pennsylvanie est confiant : "nous savons faire des verres aussi résistants que l'acier, nous savons comment réduire les coûts de production, ce qu'il nous reste à faire est d'adapter les techniques existantes à cette nouvelle application, nous sommes très proches de pouvoir faire des routes de verre...".

Reste que le prix du panneau solaire routier en verre super résistant devrait être très élevé. Mais les économies d'échelle, l'intégration d'autres services coûteux (signalisation, réseaux) dans les panneaux eux-mêmes, l'utilisation des déchets pour fabriquer une partie des éléments, et bien sur la production électrique pourraient faire en sorte que la route solaire intelligente s'amortisse d'elle-même. Scott Brusaw précise que la route solaire pourrait coûter trois fois plus cher qu'une route en asphalte mais durer trois fois plus longtemps.

Le projet de Solar Roadway, qui a également reçu le prix Ecoimagination de General Electric, contient le germe d'un changement total de la conception des routes et du transport de l'électricité... Google de son côté vient de démontrer que l'automobile pouvait être complètement automatisée et se conduire toute seule... Et dans les labos, on met au point les techniques qui permettront de stocker l'énergie solaire... L'Amérique pollue, mais invente... 

5 Commentaires

  • Lien vers le commentaire dimanche 31 octobre 2010 Posté par Jean-Marc

    Comme zelectron :
    comment faire, en hiver, avec la "micro-abrasion des sables" qui dépolissent le verre.
    Ou, en france, avec la micro-abrasion du sel ?

    Si on ne veut pas tuer cette idée... il existe une solution : faire comme aux USA :
    Du fait de crainte de procès, en cas d accident dû en partie à  une chaussée mal dégagée; les propriétaires préfèrent, en cas de neige/verglas/autre, fermer l'accès aux autoroutes...
    Pas sûr qu'ailleurs, les gens, habitués à  utiliser les autoroutes en hiver, apprécient...

    Autre solution, qui peut être couplée ou utilisée seule (pas de pb avec l abrasion, mais peut-etre avec le comblement des parties mobiles) :
    la route piézo-électrique :
    http://www.enerzine.com/603/6613+la-route-du-futur-generera-de-l-electricite+.html
    Très pratique dans les descentes (une fraction de l'énergie cinétique est transformée en électricité... ce qui préserve un peu les freins)
    Pas pratique ailleurs, car celà  ferait consommer plus de carburant aux usagers, pour récupérer de l'élec.

  • Lien vers le commentaire mardi 19 octobre 2010 Posté par yves

    C'est exactement ce qu'ils ont prévu de faire. L'idée étant de limiter les dégats en cas de problème (surface glissante, éblouissement...).

  • Lien vers le commentaire mardi 19 octobre 2010 Posté par lio

    pourquoi ne pas commencer par equiper les parkings?

  • Lien vers le commentaire lundi 18 octobre 2010 Posté par zelectron

    que va-t-il se passer avec les huiles, goudrons,, traces de pneus et autres déjections d'oiseaux sans oublier la micro-abrasion des sables + tout ce que j'oublie. Mais pourquoi pas, si ces obstacles sont surmontables, il est vrai que ce sera un fantastique exploit (sauf prix prohibitif?)

  • Lien vers le commentaire lundi 18 octobre 2010 Posté par greenmist

    Bien vu, je pense que effectivement avec le soleil on est très loin d'avoir tout exploré, faut juste ne pas se mettre de limites à  la créativité. C'est dommage car nous aussi on a des gens plein de talent ; mais de ce coté de l'Atlantique, avec nos centrales nucléaires, j'ai l'impression qu'on est des dinosaures.

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