Pollution de l'air intérieur : Marie-Christine Blandin tire le signal d'alarme

mercredi 26 mars 2008 Écrit par  Alexandra Lianes

sante produits chimiques Les Français passent 70 % à 90 % de leur temps à l’intérieur de locaux ou de moyens de transports. Mais « l’air ambiant est le lieu de pollutions insoupçonnées et donc le terrain pertinent pour des études toxicologiques complètes », estime Marie-Christine Blandin, sénatrice du Nord-Pas-de-Calais dans un rapport sur les risques et les dangers pour la santé humaine de substances chimiques d'usage courant.
Ethers de glycol, formaldéhyde, benzène, biocides, chloramines, fumée de tabac, hydrocarbures aromatiques polycycliques, mercure, particules, perturbateurs endocriniens, pesticides, phtalates, radon, toluène sont quelques unes des substances chimiques présentes dans l'air intérieur de nos logements, lieux de travail... Le problème, selon la sénatrice : « En dépit des nombreuses études françaises, les investigations effectuées sont loin d’avoir balayé le vaste champ des substances en circulation ni celui de leurs conséquences possibles sur la santé humaine. De plus, beaucoup des études menées nécessitent des prolongements, des actualisations ou des années d’observation avant d’aboutir à des résultats non contestables. »


Pire encore, des substances connues pour leur nocivité sont présentes dans nos vies quotidiennes. C'est le cas par exemple du formaldéhyde, un composé organique volatil considéré comme un agent cancérogène certain par le CIRC (Centre international de Recherche sur le Cancer). Et pourtant souligne Marie Christine Blandin : « Chacun est conduit à respirer du formaldéhyde chez lui ou sur son lieu de travail, dans un hôtel, une salle de spectacle, ce qui jusqu’à présent n’a pas été signalé du tout et encore moins mentionné comme pouvant présenter un danger pour la santé. » Plus inquiétant, les enfants risquent de subir ces émissions de polluants dès la crèche, la maternelle ou l’école primaire du fait d’un mobilier tout neuf fortement émissif en formaldéhyde, selon la sénatrice.
Dans son rapport, Marie-Christine Blandin s'intéresse aussi aux éthers de glycol, utilisés l'industriellement depuis 1930. Certains éthers de glycol repérés comme dangereux ont été substitués par des éthers de glycol identifiés comme moins ou non dangereux. « Une nouvelle susbstitution qui n'est elle même pas exempte de risques. » Face à ses pratiques, la sénatrice recommande le développement des sciences de la précaution.
Les chiffres parlent d'eux même. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), 24 % des maladies sont causées par des expositions environnemantales qui peuvent être évitées. On comprend pourquoi dans ses conclusions, Marie-Christine Blandin estime que « les risques engendrés par les substances chimiques d’usage courant, dont les éthers de glycol et les polluants de l’air intérieur, apparaît comme devant être une réelle préoccupation de santé publique. »

Le droit de respirer un air sain

Marie Christine Blandin, rappelle que : « L’impact de la pollution de l’air sur la mortalité doit être rapproché du droit pour chacun de respirer un air qui ne nuise pas à sa santé (loi du 30 décembre 1996). » La sénatrice a rédigé une quinzaine de recommandations allant dans ce sens. Parmi elles : étendre le principe de précaution à l'emploi des sustances substances ou produits chimiques d’usage courant présents dans l’environnement quotidien et entraînant des risques pour la santé, élaborer un projet de loi sur l'arlerte et l’expertise dans le domaine de la santé environnementale (protection des lanceurs d’alerte, garanties pour l’expertise ; qualité des relations entre le système de sécurité sanitaire et environnementale et les usagers) ; concilier économies d’énergie et qualité de l’air : prendre des mesures fiscales encourageant une isolation de l’habitat excluant tout risque de confinement des locaux.
Parmi les actions allant dans ce sens, ce jeudi 27 mars au Sénat une journée sur les lanceurs d'alerte et l'expertise est organisée à l'initiative de Marie-Christine Blandin et de la fondation Sciences Citoyennes. Il s’agit de définir un cadre de protection du lanceur d’alerte environnementale afin qu'il ait « la possibilité de porter sur la place publique les hypothèses de danger pour l’homme ou son environnement, sans être subordonnés aux clauses de secret industriel ou devoir de réserve et sans craindre d’éventuelles représailles (licenciement abusif, procès, mise au placard )». La proposition d'une loi instituant la protection des lanceurs d'alerte figure dans les conclusions du Grenelle de l'envrionnement. Proposition reprise dans le rapport d'étape des travaux de la commission Lepage sur la gouvernance.

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