Sommes-nous contaminés par les PCB ?

samedi 29 mars 2008 Écrit par  Alexandra Lianes

 Question à laquelle l'association WWF-France et un collectif de 300 médecins de l'ASEP (Association Santé Environnement Provence) vont répondre dans les prochaines semaines. Début mars, les deux organismes ont lancé des prélèvement sur une cinquantaine de personnes à Port-Saint-Louis du Rhône (13) « afin de déterminer si les PCB se diffusent chez l'homme ou pas », précise Pierre Chasseray, responsable des relations presse WWF-France.
Cette étude, dont les résultats seront rendus publics fin mai à Marseille, porte sur un panel de population répartie en trois catégories : une population consommant régulièrement des poissons d'eau douce du Rhône et de son estuaire ; une population résidant sur les rives du Rhône ne consommant pas ou très peu de poissons du Rhône ; et une population témoin de représentation diverse.

Les PCB, plus connus sous le nom de pyralène, font parler d'eux depuis plusieurs mois. Depuis l'interdiction de consommer du poisson provenant du Rhône en août 2007 et en janvier 2008 pour les anguilles dans la Seine. Motif : les concentrations maximales admissibles en PCB dans les poissons destinés à la consommation humaine ont été dépassées. La contamination des poissons a atteint 59 picogrammes/gramme dans le Rhône, alors que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fixé le seuil maximal de PCB a 8.
En France, trois bassins présentent une contamination de leurs sédiments par les PCB a des niveau élevés voire très élevés : Artois-Picardie, Rhône Méditerranée Corse et Seine-Normandie, selon les données des réseaux de suivi nationaux. (Cliquer sur la carte pour voir en grand)

L'utilisation des PCB

A partir des années 1930, les PCB (PolyChloroBiphényles), des dérivés chimiques chlorés, ont été utilisés dans l’industrie pour leurs qualités d’isolation électrique, de lubrification et d’ininflammabilité. On les retrouvait notamment comme isolants dans les transformateurs électriques et les condensateurs, comme lubrifiants dans les turbines et les pompes ou comme composants d’huiles, de soudures, d’adhésifs, de peintures et de papiers autocopiants.
Les PCB ont cessé d'être produits dans les années 80. En 1987, la vente, l’acquisition ou la mise sur le marché d’appareils contenant des PCB a été interdite.
Depuis, une directive européenne transposée dans le droit national en février 2003, prévoit un plan national de décontamination et d’élimination des appareils contenant des PCB et PCT (PolyChloroTerphényles) au plus tard le 31 décémbre 2010.

Pourquoi sont-ils présents dans l'environnement ?

Carpe contamination PCB Par le passé, des déversements de PCB, en quantités mal connues, ont été rejetés dans l'environnement. C'est par exemple le cas des usines de retraitement des déchets contenant des PCB qui, aujourd'hui encore, peuvent rejeter des PCB dans l'eau, en quantité fixée par les pouvoirs publics. C'est le cas de l'usine Tredi, spécialiste du démantèlement d'appareils contenant des PCB et implantée à Saint-Vulbas (Ain, 01), à de nombreuses reprises mise en cause dans la pollution du Rhône, autorisée à rejeter 1,5 kg de PCB par jour en 1987 ; 10 grammes/jour depuis l'arrêté préfectoral du 25 juillet 2007.
Par ailleurs, le lessivage de sols pollués aux PCB sont des sources d'émission dans l'eau. La problématique : les PCB ne se dégradent pas et sont très persistants dans l'environnement, on parle alors de bioaccumulation. Les PCB et PCT sont considérés comme un des 10 polluants organiques les plus persistants par le Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE). La substance se fixe sur les matières en suspension et les sédiments dans les canaux. Elle s'accumule aussi dans les organismes vivants, le long de la chaîne alimentaire. L’homme se contamine par l’ingestion de produits d’origine animale ou végétale contaminés.
Dans un communiqué, la FRAPNA émet des doutes sur la consommation d'aliments indicateurs tels que les tellines (coquillages) ramassés sur les bords des plages ou le riz de Carmarge. Préoccupation qui tombe sous le sens au vu de la carte de contamination aux PCB.

Quels risques pour la santé humaine ?

Le CIRC (Centre International de la Recherche sur le Cancer, qui dépend de l'OMS (Organisation Mondiale de la santé) a classé les PCB en tant que substances probablement cancérogènes pour l’homme. Mais « les études épidémiologiques n'ont pas montré d'augmentation significative de l'incidence des cancers sur le personnel exposé à ces substances. Des tumeurs cutanées, digestives et hépatiques, ainsi que des leucémies ont cependant été décrites mais les travaux scientifiques manquent pour établir un lien entre une augmentation des taux de cancer de la peau et du pancréas et l’exposition aux PCBs des humains en milieu profesionnel », d'après un rapport du PNUE.

Outre ces possibles effets cancérogènes, les effets chroniques (exposition à moyen et long terme) des PCB peuvent être des dommages du foie, des effets sur la reproduction et la croissance ; les effets sur les hormones thyroïdiennes et les conséquences possibles sur le développement du cerveau sont l’objet de discussions à l’heure actuelle, rapporte le ministère de l'Ecologie.

Chiffres clés

(source Ademe, Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie )
L'ADEME a réalisé l'inventaire national des appareils contenant plus de 5 litres de PCB. Le nombre d'appareils inventoriés à la date du 30 Juin 2002 en France est de 545 610 appareils. L'ensemble de ces appareils représente un poids de 33 462 tonnes de PCB à éliminer. Une très forte proportion de ces appareils est utilisée pour la production, le transport, mais surtout la distribution d'énergie électrique sur tout le territoire.

Pour se protéger des PCB :

- Voir la liste des appareils contenant des PCB sur le site de l'Ademe
- Consulter le document PDF du ministère de l'Ecologie « Connaissance de la contamination des sédiments fluviaux et estuariens par les PCB »
- Site internet d'information sur les PCB et de soutien du WWF-France

Liens

Site de l'ASEP, Association santé environnement Provence
Dossier du ministère de l'Ecologie. " Les PCB : état des lieux et plan national d’actions "
Document du Programme des Nations Unies pour l'environnement

1 Commentaire

  • Lien vers le commentaire jeudi 30 avril 2009 Posté par rogliano@wanadoo.fr

    Bastia, Haute Corse - Pour une enquête sanitaire sur la décharge de Teghime



    Les syndicats Cgt des personnels de la Communauté d'agglomération de Bastia et de la mairie de Bastia ont lancés l'alerte sur les risques sanitaires encourus par les personnels et les riverains de l'ex-décharge de Teghjime devenue un quai de transfert d'ordures ménagères exploité aujourd'hui par le SYVADEC.

    Surplombant les quartiers sud de la ville de Bastia, le site de Teghjime abrite depuis bientot un demi siècle, des tonnes de déchets toxiques. (métaux lourds, amiante, PCB, boues d'épuration...).

    Pourtant des études de cancérologues sur l'impact sanitaire des décharges sont claires et attestent "pour des populations vivant à  proximité d'une décharge une diminution de leurs défenses immunitaires et donc une disposition accrue à  développer un cancer"..

    Les personnes signataires demandent qu'une enquete épidémiologique soit entreprise sur la population riveraine et que des analyses des sols soient effectués avant toute réhabilitation du site de Teghime.

    Lien vers le texte : http://www.cgt-cab.org

    Signez cette pétition : click !

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