De la chaleur et de l'électricité grâce aux résidus de poissons

jeudi 09 avril 2009 Écrit par  Laurence Parmelan

Copalis, coopérative spécialisée dans la valorisation intégrale des co-produits du poisson et Agriopale Services, société spécialisée dans la valorisation de résidus organiques se sont associés en janvier 2009 pour créer Capénergie dans la zone portuaire de Boulogne-sur-Mer. Le projet Capénergie repose sur la valorisation énergétique des résidus organiques et de déchets verts par méthanisation.

"La valorisation des résidus issus de la transformation du poisson, permettra de produire l'énergie qui sera directement utilisée par l'industrie agroalimentaire", précise un communiqué de Capénergie.  

Au total, l'unité de production de biogaz devrait générer annuellement 25 000 MWh d'énergie à partir de résidus organiques collectés dans un rayon de 3 km, précise Capénergie. 

Ce projet industriel a pour ambition de résoudre l'équation du secteur de la production agroalimentaire, consommateur important d'énergie mais aussi producteur d'effluents et de déchets organiques. Copalis traite actuellement 45 000 tonnes par an d'effluents liquides chargés organiquement, à une température favorable aux procédés de méthanisation.

Les boues résiduelles des stations d'épuration portuaires constituent également un gisement de valorisation de 10 000 tonnes par an. A cela s'ajoutent 10 000 tonnes de matières valorisables supplémentaires en provenance d'industries agroalimentaires de la zone portuaire.

De tels résidus issus de la transformation du poisson sont gras et donc méthanogènes. En parallèle, les déchets verts (10 000 tonnes) en provenance des collectivités environnantes ont un pouvoir méthanisant et structurant, selon une technique déjà maîtrisée par le milieu agricole.

Les 25 000 MW/h de biogaz résultant de cette méthanisation pourront se répartir en vapeur qui sera réutilisée par Copalis et l'industrie agroalimentaire en eau chaude ou éventuellement en électricité qui pourra être réinjectée sur le réseau électrique, précise Capenergie. Cette production alimentera donc en énergie les industries agroalimentaires du port, tandis que les résidus ultimes du processus de production du biogaz retourneront comme compost vers la culture.

Située à Boulogne-sur-mer, au cœur du premier centre européen de transformation du poisson, Capénergie devrait voir la vie en vert encore de nombreuses années.

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