Propositions pour la Journée de la Terre

mercredi 22 avril 2009 Écrit par  Yves Heuillard

terre.gifTrouver assez de ressources pour les pays industrialisés et tirer de la pauvreté les pays en voie de développement sans réchauffer le climat de façon irréversible représente un défi colossal. Pas de solution miracle, mais une myriades d'actions, dont la somme nous mènera au but recherché. Pour ce Jour de la Terre, nous passons en revue les propositions que nous avions faites l'année passée et en ajoutons quelques autres... Les vôtres sont bienvenues dans les commentaires...

Mais,ces propositions sont parfois ruineuses pour l'Etat car elles le privent de taxes (particulièrement sur les carburants). En revanche elles créent des emplois de service et développent des savoir-faire et des technologies qui peuvent s'exporter, ce qui en théorie, si nos vases communicants n'étaient pas sérieusement ensablés, devrait produire un bilan économique positif, auquel s'ajouterait le bilan environnemental et social.

-1-  Nous avions proposé de supprimer la TVA sur les lampes basse consommation ( fluocompactes ou a LED) pendant 3 ans ou accorder un crédit d'impôt pour inciter à l'abandon des lampes à incandescence. C'est l'interdiction pure et simple de la vente des lampes à incandescence qui a été choisie, et ça commence en juin. Voir notre article.

-2- Nous avions proposé d' Inciter au télétravail au moins une journée par semaine. La proposition de loi 1194 "visant à promouvoir le télétravail en France" déposée en octobre 2008 sera discutée à l'Assemblée Nationale dès le mois prochain. Elle propose des crédits d'impôts pour les entreprises afin de mettre en oeuvre les infrastructures techniques nécessaires. Elle sera probablement limitée aux zones les plus densément peuplées. Nous avions suggéré de favoriser parallèlement la mise en place de formations au management du télétravail et à l'organisation des entreprises pour en tirer parti. Nous suggérons aussi que le gain de temps sur le déplacement soit partagé avec l'entreprise, c'est à dire qu'on travaillerait un peu plus à la maison. Mais là on touche au tabou du  temps de travail.

-3- Mettre en place des mesures incitatives pour la journée continue en province, ce qui aurait pour effet de réduire les déplacements à l'heure du déjeuner (double aller-retour à la maison). Cette proposition reste valide, mais se heurte à un vrai frein culturel.

-4- Sur les grands axes d'accès aux centres urbains, mettre en place des voies réservées aux voitures occupées par plus de deux personnes et aux deux roues. Une mesure simple appliquée par d'autres pays qui favorisent le covoiturage. Pas d'avancée majeure dans ce domaine.

-5- Porter la nouvelle réglementation thermique pour les bâtiments neufs ( RT 2010) au niveau de la norme Effinergie ou Minergie (voir notre dossier). De toute façon il faudra venir à des constructions quasi-passives. A défaut de le faire rapidement, il faudra réhabiliter en 2020 les bâtiments construits en 2010.  La loi Grenelle votée en octobre 2008 sur la consommation des bâtiments neufs va dans la bonne direction. Elle stipule une limite de 50 kWh d'énergie primaire par m2 et par an pour les bâtiments construits à partir de 2012, mais à fait l'objet d'un amendement (Amendement Ollier) que nous avions fermement critiqué.

-6- Subventionner l'accès Internet à très haut débit dans les zones de moyenne et faible densité pour favoriser le travail à domicile, l'installations de bureaux dans des petites communes. Parallèlement le haut débit favorise l'interaction virtuelle entre administration et administrés, fournisseurs de services, marchands et clients, et permet même, dans des limites évidentes, l'exercice de la médecine à distance. Cette proposition est liée à la loi sur le télétravail.

-7- Nombreux sont les bâtiments qui ne sont utilisés que 40 à 50 % du temps. C'est le cas d'une tour de bureaux par exemple. Décidons que les nouveaux bâtiments à usage professionnel ou public ne peuvent pas être utilisés moins de 2/3 du temps (sur l'année). Ce qui aurait pour effet d'en modifier la destination dès la conception, en réservant des surfaces à d'autres usages, commerces, équipements culturels et sportifs et surtout au logement. La formule de calcul et les poids des différentes activités pourraient, selon les politiques locales, avantager le logement ou les commerces. Cette mesure, revient à concevoir nos villes et nos vies de façons radicalement différentes. Notre lecteur pourra se référer à la pensée et aux travaux de Jaime Lerner architecte et urbaniste brésilien de renom.

-8- Supprimer ou abaisser les droits de mutation lorsqu'un propriétaire vend puis rachète son logement pour se rapprocher de son lieu de travail ; et ce dans une proportion à définir. Le prix l'immobilier conduit en effet à punir toute mobilité.

-9- Obliger à la mise en place de régulations intelligentes du chauffage et de la ventilation dans tous les locaux administratifs et publics. La simple surpression de la ventilation la nuit et les week-ends permet de réduire considérablement la facture énergétique (Voir notre article Régulation bien contrôlée, énorme gisement d'énergie). Il reste beaucoup à inventer en matière de logiciel d'optimisation du chauffage en fonction de l'occupation des locaux, pendant la semaine et pendant la journée. L'amplitude des changements de température, et leur anticipation selon l'occupation des locaux doit être variable en fonction des caractéristiques thermiques du bâtiment.

-10- Développer des technologies d'éclairages publiques  moins gourmandes et capables d'anticiper l'usage. Par exemple anticiper le passage (piéton ou automobile) de manière à baisser la puissance de l'éclairage quand il n'est pas nécessaire. Une proposition de loi avait été déposée le 7 mai 2008, puis présentée à l'Assemblée Nationale mais renvoyée à la commission des affaires économique de l'envrionnement et du territoire et figure dans le projet de loi Grenelle 2 du 13 janvier 2009. Ces technologies peuvent nous faire gagner  beaucoup en terme d'énergie, mais c'est aussi un marché mondial de première importance.

-11- Récupérer l'eau de pluie à grande échelle. Nous déplorions un système qui intègre le prix du retraitement des eaux au prix de chaque mètre cube consommée, système qui empêchait l'usage de l'eau de pluie à l'intérieur des bâtiments.  La réglementation a évolué et permet désormais l'usage de l'eau de pluie pour les chasses d'eau et le lavage des sols, à la condition de mettre un compteur au point de puisage. Voir notre article.

-12- Généraliser l'exemple de villes comme Grenoble dont les aménagements ont conduit la construction de parkings relais peu onéreux à l'extérieur de la ville. Dans le prix est inclus le billet de tramway ou de bus aller et retour. Mais l'usage du télésiège ou du télé cabine en ville est peut être encore plus avantageux. Voir notre article Le téléphérique et la ville, une nouvelle histoire d'amour.

-13- Accélérer les agréments pour les dispositifs d'économie d'énergie sur les camions. Une économie de 15 % est facilement accessible ( voir notre article Camion, comment réduire la consommation). A noter que les Etats qui mettront en place ces mesures rendront leur transporteurs plus compétitifs.

-14- La logique d'aménagement et de développement des agglomérations existantes conduit à réduire les surfaces de terre arable des grands bassins sédimentaires et des plaines alluviales, en laissant les terres les plus pauvres en jachères. Une réflexion s'impose. Construire de nouveaux centres urbains au cœur de nos zones les plus désertées ou les plus difficilement cultivables doit être envisagé. Un système de zones franches, couplés à un cahier des charges visant un impact minimal sur l'environnement, favoriserait l'essor des technologies vertes tout en exerçant une pression à la baisse sur les prix de l'immobilier.

-15- Nous suggérions la mise  en place d'un système de prêts pour le développement durable, des prêts DD donc, qui permettraient au entreprises, ou aux particuliers, de faire financer l'aquisition les investissements nécessaire à la reduction de leur consommation énergétique, par les économies réalisées. Le prêt à taux zéro va dans ce sens et complète les mesures incitatives du crédit d'impôts pour le DD (voir notre dossier Le crédit d'impôts et le DD).

Nos nouvelles propositions pour 2009

-16- Tester la limitation de l'usage de la voiture particulière dans les grandes villes et en particulier à Paris. Cette limitation pourrait être assortie de la prise en charge des ravalements obligatoires des immeubles par le biais des taxes sur les carburants (principe du polluer payeur). Nous convenons que la proposition n'est pas facile à mettre en oeuvre, mais la muncipalité qui en aurait le courage, génèrerait une valeur ajoutée immédiate pour sa ville en terme de qualité de vie et de santé, de dynamisme et d'efficacité : impact touristique, développement de nouvelles acticvités et de nouveaux métiers, suppression de dépenses contreproductives (ravalements, équipements et services dédiées à l'auto et à sa circulation, pertes de temps, dégradation du lien social). L'idée que la modernité et l'activité économique sont liées à la prééminence automobile à fait long feu. Rêver un peu ne fait pas mal : une grande ville comme Paris pourrait devenir le phare du développement durable et attirer les entrepreneurs du monde entier.  

-17- Dissocier l'assurance liée à l'usage d'une automobile de celle de son propriétaire. Il s'agit de stimuler l'autopartage. Nous proposons donc une assurance "conducteur" qui permettrait à tout un chacun de conduire une automobile sans se soucier si elle est par ailleurs assurée (les garagistes disposent d'une telle assurance). Le propriétaire de son côté serait assuré pour l'automobile, quand elle n'est pas confiée à un conducteur. 

-18- limitation stricte de l'usage de la tondeuse à gazon à moteur thermique pour les petites surfaces (inférieure à 1000 m2 par exemple). Il s'agit d'encadrer mieux cette activité, de manière à inciter, soit l'usage de la tondeuse manuelle, soit le partage de tondeuses parfaitement silencieuses, soir le recours à des profesionnels. Voir nos articles A vos tondeuses, prêts, poussez et également Adieu le green de papa, vive la pelouse écologique

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