Agriculture et alimentation bio : les chiffres du marché

vendredi 29 mai 2009 Écrit par  Claire Goujon-Charpy

A l’occasion des 10 ans du Printemps bio, l’Agence Bio (groupement d’intérêt public en charge du développement et de la promotion de l’agriculture biologique) fait connaître les nouveaux chiffres de la filière bio en France. D’après les résultats d’une nouvelle enquête, le chiffre d’affaires du marché alimentaire bio a progressé d’1 milliard d’euros en trois ans pour atteindre 2,6 milliards d’euros en 2008 (1,6 milliards en 2007). En 2008, les ventes au consommateur final ont progressé de 25%.

Pour répondre à cette forte demande, des professionnels de l’agriculture s’engagent dans la filière bio. Fin 2008, on compte 11% de producteurs bio de plus par rapport à 2007. Quant aux surfaces en conversion à l’agriculture bio, elles augmentent de 34,6 % en 2008 par rapport à 2007. Concrètement, fin 2008, environ 580 000 hectares sont consacrés à l’agriculture biologique, dont 80 000 en cours de conversion. Toujours à cette date, environ 13 300 exploitations agricoles étaient engagées dans l’agriculture biologique, dont 1830 nouveaux producteurs (et 510 producteurs qui eux, ont arrêté notamment en raison de départs à la retraite).

Fin 2008, les exploitations agricoles engagées dans la bio représentaient 2,4 % des exploitations agricoles françaises. Quant aux surfaces bio, elles représentaient 2,12 % de la surface agricole utilisée (SAU) nationale. Est-ce suffisant face à l’augmentation de la demande ?

Il faut savoir que par exemple, en trois ans, les ventes de lait bio ont doublé et les œufs ne sont pas loin du doublement. Suivant les secteurs, les approvisionnements à l’extérieur de la France se sont plus ou moins développés. Ils sont quasiment inexistants dans les secteurs de la viande bovine et ovine, de l’aviculture (volaille et œufs), du vin et peu développé dans le secteur de la viande porcine (hormis pour la charcuterie-salaison, où ils atteignent 20%). Dans le secteur du lait, les importations sont estimées à 23 à 25% de la consommation alors qu’elles étaient très faibles auparavant. Même augmentation dans le secteur de la farine, avec 30% d’importations, ce qui est nouveau. Pour les fruits et légumes, les produits d’épicerie sèche, les jus de fruits et les boissons végétales, les produits de la mer, le taux d’importation atteint ou dépasse 60% (ce qui peut s’expliquer en partie par la forte présence de produits exotiques : agrumes, bananes, café, thé, cacao…).

Il semblerait donc finalement que certains secteurs - les laitages, la farine - aient été quelque peu dépassés par la demande. Une situation que la directrice de l'Agence Bio, Elisabeth Mercier, espère passagère : « Ces importation-relais, qui viennent souvent de pays proches comme la Belgique ou l’Allemagne, ne vont pas durer. Nous avons la capacité de répondre aux attentes des consommateurs. Il nous faut continuer à développer la production bio dans les secteurs où la France a une forte vocation naturelle mais manque de volume ».

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