L'objectif de réduction des émissions proposé par les Etats-Unis "ridiculement bas"

vendredi 27 novembre 2009 Écrit par  Yves Heuillard

La Maison Blanche a enfin annoncé la venue du Président américain Barack Obama à la conférence de Copenhague sur les changements climatiques du mois de décembre. Mais, le président américain a décidé de venir le 9 décembre et non les 17 et 18 à l'occasion du sommet de plus de 65 chefs d'Etat destiné à sceller l'accord final de Copenhague.

La Maison Blanche a par ailleurs rappelé l'objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre contenu dans le projet de loi Waxman et Markey qui a déjà été approuvé par la Chambre des représentants mais pas par le Sénat :  -17% pour 2020. Cependant, le cet objectif est basé sur l'année de référence 2005 et non sur 1990, socle des engagements du protocole de Kyoto.

Ainsi, l'objectif de réduction proposé par les Etats-Unis à l'horizon 2020 n'est que de 4 à 5%, par rapport à 1990. Les scientifiques recommandent une réduction des émissions des pays industrialisés de l'ordre de 25% à 40% pour 2020, par rapport à 1990 et ce scénario, rappelle le Réseau Action Climat France"ne nous laisse qu'une chance sur deux de ne pas dépasser le seuil d'un réchauffement de la planète de + 2°C qui nous mènera à une catastrophe climatique.  L'objectif proposé par les Etats Unis est ridiculement bas. Ces derniers doivent cesser de croire qu'ils arriveront à « faire passer la pilule » sur la scène internationale en jonglant avec les années de référence". Pour le RAC-France, l'obtention d'un accord ambitieux à Copenhague est encore possible, seule manque la volonté politique de certains pays, au premier rang desquels les Etats-Unis.

Par ailleurs les associations dénoncent un choix de date opportuniste dicté par un autre calendrier. Le 10 décembre, soit le lendemain de son déplacement à Copenhague, Barack Obama doit en effet se voir remettre le Prix Nobel de la paix non loin de là, à Oslo. Barack économise le kérosène, ce qui n'est pas si mal...