Sommet de Copenhague : une ambiance de kermesse globale

lundi 07 décembre 2009 Écrit par  Marc Mayor

De notre envoyé spécial à Copenhague - L'ouverture de la Conférence des Nations Unies sur le changement climatique, surnommée COP15, se déroule dans une ambiance électrique de joie et d'optimisme folklorique qui lui donne un air de kermesse globale.

Dès l'extérieur du Bella Center, le palais des congrès de la périphérie de Copenhague qui héberge la conférence, on est accueilli par la musique des fanfares, les slogans des activistes, et par l'excitation des des délégués qui se ruent vers l'entrée comme s'ils avaient attendu cette conférence pendant toute leur vie.

De nombreux délégués se font prendre en photo devant le panneau géant qui présente la conférence, pour marquer le coup ou témoigner qu'ils étaient bien présents à une conférence qu'ils espèrent historique. L'espoir est très clairement là, même s'il est plus visible sur les visages des délégués en costumes folkloriques africains ou sud-américains que sur ceux des employés de l'ONU en costards-cravates.

copenhague wwfDifférentes organisations montent des coups médiatiques, comme la WWF avec deux portiques géants à travers lesquels les délégués peuvent passer. L'un, rouge, indique « Réchauffement Climatique » ; l'autre, vert, « Votez la terre ». Des personnages diaboliques invitent à passer à travers le portail rouge en criant « choisissez la solution facile, ne changez rien, c'est plus rapide par ici. »

L'ouverture de la conférence fait bien plus appel à l'émotion qu'à la raison : le film présenté au début de la première séance pleinière, met en secène une jeune fille danoise. Elle regarde des nouvelles à la télévision qui présentent plusieurs désastres climatiques en les mettant sur le compte du réchauffement climatique. Puis la jeune fille s'endort en faisant un cauchemar : elle se réveille seule au milieu d'un désert, bientôt inondé par une tempête géante. La jeune fille fille s'accroche à une branche d'un arbre famélique au dessus des flots en criant au désespoir. Ainsi présenté le réchauffement climatique semble postuler pour combler le vide laissé par l'effacement des cauchemars nucléaires dans les nuits enfantines.

A l'intérieur du Bella Center, la majeure partie de l'espace publique est consacré à un ballet étourdissant d' ONG, certaines qu'on s'attend à trouver là comme Greenpeace ou le WWF, d'autre plus surprenantes, comme l'Organisation pour le Développement des Femmes et de l'Environnement. De quoi donner le tourni  aux délégués, plutôt qu'une vison claire de ce que pourrait être le développement durable. En espérant qu'il en soit autrement dans 11 jours, à la conclusion de COP15.