Sommet de Copenhague : entre optimisme et méfiance à l'ouverture

lundi 07 décembre 2009 Écrit par  Marc Mayor
De notre envoyé spécial à Copenhague - à l'ouverture de la 15ème Conférence des Nations Unies sur le Changement Climatique à Copenhague (COP15), les principaux responsables de l'organisation s'expriment sur une note positive. Yvo de Boer, Secrétaire Général de l'UNFCCC (United Nations Framework Convention on Climate Change) sous l'égide de laquelle a lieu la conférence, a déclaré que « jamais en 17 ans de négociations climatiques avons nous vu autant de pays différents prendre des engagements de réduction d'émissions fermes » .

Mais Monsieur de Boer précise d'emblée que les engagements nécessaires devront être élevés et mis en oeure rapidement. Il estime que dès 2010 il faudra financer à hauteur de 10 milliards de dollars annuels la transformation des pays en voie de développement vers des solutions à faibles émissions de gaz à effets de serre.

Dans son discours d'ouverture Le Premier Ministre du Danemark, Lars Lokke Rasmussen, pose le problème de manière très clair : « Nous devons réussir une des choses les plus difficiles à réaliser en politique : faire des choix difficiles aujourd'hui afin d'éviter des conséquences catastrophiques demain».

Le Docteur Rajendra Pachauri, Président de la Conférence Intergouvernementale sur les Changements Climatiques, souligne que l'action contre le réchauffement devait être forte, mais qu'à l'échelle de la planète elle ne seront pas si coûteuses si elles sont prises rapidement : « Les mesures qui permettront de limiter le réchauffement climatique à 2 degrés centigrade ne coûteront que 3% de ce que sera la richesse mondiale en 2030, soit un décalage de quelques mois seulement dans l'enrichissement mondial ».

Au-delà des engagements chiffrés, la nouvelle perçue comme la plus encourageante pour la signature d'un accord par les délégués reste l'annonce par la Maison Blanche de la venue à Copenhague du Président des états-Unis Barack Obama, à la fin de la conférence comme 110 autres chefs d'états et non au début comme initialement prévu. Le Premier Ministre Indien Singh lui a immédiatement emboité le pas, ce qui assure la présence de deux états clés lors des arbitrages finaux. De nombreux observateurs ont noté que la présence des chefs d'états renforçait la certitude d'un accord, pour éviter toute perte de crédibilité.

Cette promesse d'un accord encourage les délégués et les ONG, mais non sans une certaine méfiance. Ainsi, Christophe Bals, Directeur de l'ONG environnementale allemande Germanwatch déclare : « Le risque existe que cela devienne le plus grand greenwashing de l'histoire, si des objectifs ambitieux en surface ne sont pas accompagnés des contraintes, des mécanismes et des financements qui les rendront accessibles ». Il souligne particulièrement le risque que des financements annoncés par les pays riches pour aider les pays en voie de développement à réduire leurs émissions ne soient simplement détournés d'autres programmes d'aide déjà annoncés.

En effet, les arbitrages se feront moins sur objectifs que sur les mécanismes pour y parvenir : cap and trade ou taxes, capture et stockage du carbone ou énergies renouvelables, carottes ou pénalités, normes et régulations ou auto-régulation. C'est à la lecture des détails d'un accord que l'on pourra réellement juger de la réussite de COP15.