1,4 milliards de tonnes de CO2 évitées

mercredi 09 décembre 2009 Écrit par  Marc Mayor

De notre correspondant au sommet de Copenhague - La Banque Mondiale a présenté hier, à l'occasion du Sommet de Copenhague, les résultats de 10 ans de son programme de financement de projets de réductions d'émissions dans les pays en développement. Elle en souligne la réussite et en tire des leçons.

Robert Bisset, porte parole de la Banque Mondiale, a déclaré que les 10 fonds gérés par l'organisme public, lancés dans le cadre du traité de Kyoto et des Mécanismes de développement propre des Nations Unies (MDP, Clean Development Mechanism ou CDM en anglais), "avaient fait la preuve du bien fondé du mécanisme d'atténuation des émissions des gaz à effet de serre dans les pays en voie de développement, en produisant par ailleurs des revenus qui soutiennent l'enrichissement de ces pays".

La Banque Mondiale gère désormais 10 fonds d'une valeur de 2,5 milliards de dollars, volontairement diversifiés par région géographique et par type de technologie, de la génération d'électricité renouvelable jusqu'à la reforestation. Ces 10 fonds auraient permis d'éviter 1,4 milliards de tonnes d'émissions de CO2 depuis leur création, soit d'après Robert Bisset, l'équivalent des émissions des Pays-Bas pendant la décennie. La création d'un fond annuel de 10 milliards de dollars pour financer, dès 2010, les réductions d'émissions des pays en développement, avec l'objectif d'arriver à plus de 100 milliards de dollars annuels en 2020, est l'un des points en discussion à Copenhague. La  démonstration de la réussite de ces mécanismes MDP est donc un élément clé de la négociation.

En revanche, la Banque Mondiale note qu'il reste un potentiel important d'améliorations des mécanismes de financement. Notamment, elle met en cause un excès de bureaucratie, de changement de normes, et la volatilité et la subjectivité du sytème MDP, qui prive les investisseurs privé de visibilité. Ces limites ralentissent les projets, et leur taille, compte tenu de l'incertitude quant à la capacité de remboursement des projets d'une année sur l'autre.

La Banque Mondiale note également que les mécanismes de marché qu'exploitent ses fonds ne bénéficient pas aux pays les moins développés, qui peinent à attirer des investisseurs privés qui solliciterait les fonds MDP. Plus tôt dans la journée, Yvo de Boer, Secrétaire Général avait noté que "les 8 pays qui reçoivent le plus d'investissement privé étaient également les 8 pays qui recevaient 80% des financements dans le cadre du MDP", la Chine en tête, et qu'il fallait trouver des systèmes complémentaires.

Robert Bisset dit aussi que la Banque Mondiale avait étudié des mécanismes de taxation de carbone pour compléter les systèmes de marché et pour garantir un niveau de prix du carbone. Mais elle ne se prononce pas sur leur pertinence, puisqu'elle estime que leur mise en œuvre serait une décision politique en dehors du mandat de la Banque Mondiale. Elle note simplement que la taxation pourrait faire partie du "mix des solutions".