Des bonnes surprises au 5ème jour du sommet de Copenhague

vendredi 11 décembre 2009 Écrit par  Marc Mayor

De notre correspondant à Copenhague - La cinquième journée du sommet de Copenhague est porteuse de nombreux signes de progrès. Une première mouture d'un texte d'accord a été publiée, l'Union Européenne prend des engagements forts et reste exigeante, et des avancées tangibles se font sur les questions de mise en œuvre.

Le Ad-hoc Working Group on Long-Term Cooperative Action, ou AWG-LCA, l'un des deux groupes de négociation de la Conférence, a fait circulé une première mouture d'un accord. Il s'agit du premier texte officiel du sommet de Copenhague. Le texte donne matière à discussions, laissant apparaître des fourchettes de 1,5 degrés à 2 degrés Celsius pour l'objectif de limite de réchauffement, et de 50 à 85% d'ici 2050, pour la réduction des émissions de CO2.

Mais la surprise vient d'objectifs plus ambitieux que ceux évoqués par les Nations Unies avant le sommet. C'est sans doute le fruit d'intenses pressions des pays pauvres et victimes du réchauffement, telle la Papouasie Nouvelle Guinée et les Fijis, qui avaient bruyamment interrompu les premières sessions plénières au prétexte qu'un accord à 2 degrés équivalait pour eux à un pacte suicide et la disparition de leurs petites îles du Pacifique

L'autre bonne nouvelle vient de l'Union Européenne, qui a annoncé, par la voix de son négociateur en chef, le suédois Anders Thiersen (la Suède est présidente en exercice de l'Union Européenne), qu'elle s'engageait à fournir 3,5 milliards de dollars pour le premier fonds de soutien aux réductions dans les pays les plus pauvres. Il s'agit de 35% des 10 milliards annuels évoqués pour la période 2010 – 2012, année d'entrée en vigueur d'un éventuel accord de Copenhague, et d'une surenchère par rapport aux 1,4 milliards de dollars annoncés par les Nations Unies.

Monsieur Thiersen a indiqué que l'Union Européenne s'attendait à un signe similaire des Etats Unis. Il a par ailleurs indiqué que le premier projet d'un accord diffusé par l'AWG-LCA était bienvenu comme une étape, mais qu'il ne contenait pas les mesures nécessaires pour limiter l'augmentation de la température à 2 degrés. Monsieur Thiersen a indiqué que l'UE est en faveur d'un objectif plus ambitieux, de 1,5 degrés d'augmentation, qu'il a caractérisé comme "n'étant pas idéaliste mais nécessaire pour certains pays". Il a par ailleurs déclaré que l'UE ne signerait pas un accord issu de Copenhague qui ne contraindrait pas juridiquement les signataires.

Le Secrétaire Général de l'UNFCCC (en français CCNUCC, Convention-cadre des Nations Unies sur le changement climatique) et patron de la conférence, Yvo de Boer, a indiqué que le gros des discussions portaient sur le choix des mécanismes de financements entre système de plafonnements et d'échanges (cap and trade en anglais), taxes, ou versement par les états, et sur les organes qui seraient chargées de distribuer les fonds levés. Les pays riches, états-Unis en tête, souhaitent voir ces fonds gérés par des organisations existantes, en particulier la Banque Mondiale qu'ils contrôlent, quand les pays pauvres souhaitent la création d'une nouvelle organisation plus démocratique, et plus sensible à leurs problématiques.