La Chine montre l'exemple de la reforestation

mardi 15 décembre 2009 Écrit par  Marc Mayor

Grâce à ses efforts depuis deux plus de quinze ans, la Chine peut se targuer d'être un pays en pointe en matière dereforestation. Là où d'autres pays n'en sont qu'au stade des bonnes intentions, et alors que la déforestation est à elle seule la source de 17% des émissions mondiales de CO2 (source Nations Unies), la Chine a permis depuis l'an 2000 de ralentir pour la première fois le rythme de déforestation mondiale. Certes l'augmentation très rapide des émissions de CO2 de la Chine reste un sujet de débats intenses, mais son initiative de reforestation montre qu'elle prend le sujet au sérieux.

D'après l'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO), le monde continue à détruire 13 millions d'hectares de forêts par an depuis l'an 2000. Mais la reforestation réduit l'effet net à 7,3 millions d'hectares. Notre lecteur, ne nous en voudra pas, dans le cadre de cet article, de nous en tenir qu'à un seul aspect des choses ; il sait, que raser la forêt ici, pour la replanter là n'est pas un jeu à somme nulle, particulièrement en terme de biodiversité.

En 1990, la déforestation nette était de 8,9 millions d'hectares par an. La réduction observée aujourd'hui vient de l'effet de la Chine, passée de 0,8 millions d'hectares détruits au début des années 1990 à plus de 1 million d'hectares créés par an aujourd'hui. Cette reforestation de la Chine est d'ailleurs mesurable par les satellites de la NASA, qui ont constaté le passage de la forêt chinoise, d'un statut d'émetteur net de CO2 à celui d'absorbeur net de CO2 entre 1980 et 2001.

Et la Chine promet de doubler ce rythme dans les années à venir, là où l'Amérique du Nord détruit encore 0,35 million d'hectares de forêts par an. De plus, comme le souhaitaient de nombreuses associations environnementales, la Chine à annoncé au sommet COP15 de Copenhague qu'elle ne compterait pas les effets d'absorption de ses forêts dans son objectif de réduction de ses émissions de CO2 par unité de PNB de 40 à 45% d'ici 2020.

L'exemple du Plateau de Loess 

Plateau de Loess au Nord-Ouest de la chineUn des plus beaux exemples de reforestation et de réhabilitation environmentale à grande échelle est celui entrepris par la Chine avec la Banque Mondiale sur le plateau de Loess dans le Nord-Ouest du pays. Sur une région de la taille de la Belgique (35 000 km2), le projet a repris des terrains détruits par l'érosion, la déforestation, et une agriculture intensive, pour en faire une zone d'agriculture durable qui enrichit sa population tout en réduisant son empreinte écologique et en réduisant la migration vers les villes. 

Précurseur, le projet a démarré en 1994 et s'est conclut en 2005. Il a nécessité un investissement de 500 millions de dollars, dont 150 millions de la Banque Mondiale, essentiellement investis en terrassements pour réduire l'érosion et capter l'eau, et en plantation d'arbres afin de fixer les terres. A partir de plans établis par le gouvernement chinois et la Banque Mondiale, ce sont les populations locales qui ont entrepris les travaux afin de leur donner le sens de la  valeur des terrains reconquis.

L'ancienneté du projet du plateau de Loess permet une étude complète, avec des retours très encourageants : 90 000 hectares de terrasses ont été construits, ainsi que 290 000 hectares d'arbres plantés. Le retour sur investissement du projet est évalué à 19% annuels sur la période, avec une multiplication par quatre des revenus des fermiers sur place, suite à une augmentation des récoltes de blé de 50% et de fruits de 300%.

La Chine montre donc qu'il est possible de passer de la déforestation à la reforestation à grande échelle, et qu'une telle démarche est bénéfique aux populations locales ainsi qu'à l'environnement. Il n'y a plus beaucoup d'excuses pour que l'Amérique du Sud et l'Afrique ne lui emboîtent pas le pas, et que de source d'émissions, la forêt devienne une partie de la solution au problème climatique (voir notre article). Mais l'exemple du plateau de Loess, montre surtout la valeur de la préservation de la forêt et des écosystèmes existants.