Sommet de Copenhague : peu d'avancées avant le finish

mardi 15 décembre 2009 Écrit par  Marc Mayor

De notre correspondant à Copenhague - Au dernier jour avant le début des discussions entre ministres des états de la planète au sommet sur le réchauffement climatique, les intervenants majeurs semblent frustrés et inquiets du manque de progrès.

« Le progrès n'est pas assez rapide », martèle Yvo de Boer, Secrétaire Général de l'UNFCCC. Richard Stern, chef de la délégation américaine, lui emboîte le pas : « Les parties sont assez éloignées sur de nombreuses questions ». Andreas Carlgren, Ministre de l'environnement suédois et négociateur en chef de l'Union Européenne regrette que des « boycotts et autres manifestations laissent peu de temps pour le dialogue, seule chance de trouver un accord ».

A ce jour, aucun accord chiffré n'a été trouvé sur aucun point : ni les objectifs de réductions d'émissions, ni le financement des réductions, ni les mécanismes de mesures, de rapports et de vérifications des émissions (MRV) ne font objet d'un consensus.

Le seul signe encourageant vient de la négociation directe, annoncée aujourd'hui par Monsieur Stern, entre les Etats-Unis et la Chine, ce qui laisse présager un compromis entre les deux pays qui, à eux deux, émettent 50% du CO2 mondial.

Monsieur de Boer et Connie Hedegaard, Présidente de COP15, Ministre de l'environnement du Danemark et future commissaire européenne pour l'environnement, ont rappelé qu'une partie de la lenteur était due à l'ouverture de la conférence COP15 : « ce ne sont pas quelques pays riches qui dictent aux nombreux pays pauvres à COP15, mais de nombreux pays qui parlent à de nombreux pays ». 

A ce jour, l'Union Européenne reste sur une proposition de réduction de ses émissions de 20% d'ici 2020 par rapport à 1990, révisable à 30% en cas d'engagements ambitieux d'autres pays et « très flexible si des compromis sont possibles ». La Chine s'engage à réduire son intensité carbonique (CO2 par dollar de PNB) de 40 à 45% d'ici 2020, mais sans audit externe, et sans limite absolue. Les Etats-Unis se limitent à une réduction de 4% de leurs émissions par rapport à 1990 (soit 17% par rapport à 2005). 

Sur la base des informations disponibles aujourd'hui, l'accord le plus probable serait que la Chine garde ses objectifs mais s'engage à les faire vérifier par des tiers, en échange d'une contribution financière accrue des Etats-Unis pour pacifier les pays pauvres, sans augmenter son engagement de réduction. Dans un tel scénario, l'Union Européenne aurait peu de raison d'augmenter son objectif de réduction de 20% à 30% par rapport à celles de 1990.

Un tel accord à minima serait peu reluisant (même présenté avec force habileté de communication), mais il apparaît comme le seul possible après que les belles ambitions africaines et européennes du début de sommet ont fait long feu, face au faibles engagements américains. A moins que les ministres et chef d'états qui arrivent à Copenhague à partir de ce soir ne haussent la mise.