Les Etats-Unis à Copenhague : on baissera... après demain

mercredi 16 décembre 2009 Écrit par  Marc Mayor

Todd Stern, chef de la délégation Américaine au sommet de Copenhague, a défendu la position prise par son pays dans les négociations. Très critiqué, par la Chine et l'Union Européenne notamment, il a affirmé que les engagements américains sont compatibles avec la limitation du réchauffement à 2 degrés, et bien que faibles à court termes, ils sont très ambitieux à moyen terme.

Les Etats Unis ont pris un engagement, pas encore validé par le Congrès, de réduire leurs émissions de CO2 de 17% d'ici 2020 par rapport à celles de 2005. Ce serait la première réduction de l'histoire du pays. Mais cette réduction serait largement inférieur à celles de l'Union Européenne (déjà engagée à réduire de 20% par rapport à 1990, voir 30%) etcelles  d'autres pays riches, et ce alors que les Etats-Unis émettent presque trois fois plus de CO2 par habitant que l'Europe. Les U.S sont aussi critiqués pour avoir pris l'année 2005 comme année de référence ; en conséquence la réduction par rapport aux émissions de 1990 (année de référence du protocole de Kyoto) ne sera que de 4%. 

Monsieur Stern souligne que l'engagement américain monte rapidement à partir de 2020 ; « 30% en 2025, 42% en 2030, et 80% d'ici à 2050, en phase avec les exigences scientifiques à 1 ppm (partie par million) près. ». Notez que même avec ces objectifs, les émissions par habitant des Etats-Unis seraient deux à quatre fois plus élevées que celles du reste du monde en 2050. Il déclare que prendre l'année 1990 comme référence est arbitraire, et que le Président Obama ne peut agir que sur une période qu'il maitrîse, pas sur le passé.

Les américains refusent toute prolongation du protocole de Kyoto, qu'ils n'ont pas validé. Ils souhaitent que le sommet de Copenhague ne débouche que sur un seul accord. C'est aussi la position de l'Union Européenne, et sans doute celle des citoyens qui ne comprendraient pas la complexité de deux accords.

En revanche, Monsieur Stern a clarifié un point par rapport au protocole de Kyoto : « Nous ne sommes pas hostiles à ce que certains mécanismes de Kyoto soient repris dans ce nouvel accord, bien au contraire. Ce sont les Etats-Unis qui ont insisté sur l'inclusion de mécanismes d'échange de quotas (cap and trade) et de compensation (CDM) avec les pays en voie de développement dans l'accord de Kyoto. Et même si nous ne l'avons pas ratifié par la suite, nous soutenons toujours ce genre de mécanisme ».

Chacun verra, selon sa position, le verre à moitié plein ou à moitié vide : un premier petit engagement à brève échéance du plus gros pollueur du monde (avec la Chine), et de fortes réductions par la suite. Toujours est-il que, compte tenu de la fermeté américaine et des limite de son Congrès, le verre restera certainement comme il est : aux autres pays alors d'accepter ou de refuser un accord limité.