Bordel total à Copenhague

mercredi 16 décembre 2009 Écrit par  Marc Mayor
De notre correspondant exclusif  à Copenhague - John Ashe, président du groupe de travail sur la prolongation du protocole de Kyoto a clôturé son travail en déclarant que le groupe avait été incapable de trouver un accord. La présidence de COP15 a changé au pied levé, la Ministre Danoise Connie Hedegaard étant remplacée par le Premier Ministre Danois Lars Lokke Rasmussen, pour « faire face aux négociations tendues des jours à venir ».

Le groupe africain soutenu par la Chine et le Brésil a demandé de continuer les discussions sur la prolongation de Kyoto d'une journée. Les européens et américains sont contre une prolongation, en disant qu'il ne reste que des arbitrages politiques. Ils proposent d'élaborer un texte global de synthèse, à la place d'un brouillon issu du AWG-KP (le groupe de négociation des pays signataire du protocole de Kyoto) qui contenait, littéralement, beaucoup de blancs et de choix multiples. Les représentants des 120 pays qui sont autour de l'Afrique, de la Chine, et du Brésil, dénoncent une manœuvre contre le texte sur lequel ils avaient trouvé un accord à 7 heures du matin, mais sans l'Europe et les états Unis, et que le texte de synthèse ne sera qu'un diktat.

Le groupe de 77 (une coalition de pays en développement), et la Chine refusent tout accord qui ne comporte pas de prolongation de Kyoto. Les Etats Unis ont déclaré depuis longtemps qu'ils ne signeraient qu'un seul accord, qu'ils s'opposaient à la prolongation de Kyoto, mais pas à certains de ses mécanismes. L'impasse semble totale, il paraît incroyable qu'elle n'ait pas été anticipée.

Les Européens ont reçu un soutient surprenant de la part du Président des Maldives, Mohamed Nasheed, qui a intempestivement pris la parole : « On négocie depuis des années, il faut arrêter même si c'est triste qu'on ait pas trouvé un accord. Je ne suis pas d'accord avec la Chine et l'Afrique, il faut passer aux arbitrages pour trouver un terrain d'entente. »

Le représentant de Tuvalu traduisait un sentiment général : "Je crains que nous sommes sur le Titanic, et que nous faisons une consultation pour savoir si nous sommes en train de couler."

La confrontation entre Nord et Sud, pays riches et pays en développement, qui était sous – jacente depuis le début du sommet, se radicalise. En l'absence d'un mouvement de l'un des pays majeurs des deux grands camps, et avec l'intrusion de nombreux sujets en dehors du climat dans les discussions, les négociations sont désormais en péril.