Un accord politique sur le climat serait en vue à Copenhague

vendredi 18 décembre 2009 Écrit par  Marc Mayor

Au matin de sa dernière journée, le sommet de Copenhague se dirige vers une déclaration politique d'un accord sur les objectifs et les moyens d'une lutte contre le réchauffement, et qui servirait de cadre pour finaliser un accord technique et juridique d'ici six mois.

L'accord politique fixerait un objectif de limitation du réchauffement à 2 degrés, des engagements spécifiques de réductions et de limitations d'émissions pour les principaux pays, et un objectif sur le financement des initiatives pour le climat dans les pays en développement qui démarrerait dès janvier 2010. Ce financement à hauteur de 10 milliards de dollars par an pourrait atteindre 100 milliards de dollars par an en 2020.

Cet accord politique résulte d'une séance de travail nocturne de 30 pays majeurs, représentants les différents groupes d'intérêts : l'Union Européenne, les Etats-Unis, la Chine, le Groupe des 77 pays en développement, et les pays des îles du Pacifique. Malgré une certaine virulence des pays du Groupe de G77, les pays du Pacifique auraient soutenu l'accord politique comme un moindre mal par rapport à une issue sans accord. Le premier ministre des Maldives avait, dès mercredi, poussé à ce qu'un compromis soit trouvé, déclarant « qu'après 7 ans de discussions, il fallait trancher », alors que le G77 et la Chine proposaient plutôt de continuer les discussions sur la prolongation du protocole de Kyoto (contre les états-Unis ).

Difficile de savoir comment cette déclaration répondra aux deux questions majeures de ces derniers jours. Pour rappel, il s'agit de la vérification par des pays tiers des engagements de limitation des émissions de la Chine, et de l'engagement de réduction d'émissions de l'Union Européenne, qui s'était dite prête à le porter à 30% d'ici 2020 et 95% d'ici 2050 en cas d'accord ambitieux.

Une simple déclaration politique commune serait bien loin des espoirs initiaux du sommet, mais éviterait un échec trop patent craint depuis mercredi. Les avancées majeures du sommet porteraient donc sur l'accord à propos des montants de financement des pays en développement, qui n'avaient fait objet d'aucun engagement avant Copenhague, et potentiellement  sur la confirmation des engagements nationaux de réductions d'émissions qui n'étaient jusque là que des déclarations. Et cela remettrait un jugement sur la réussite de Copenhague à plusieurs mois, le temps de voir si la déclaration est effectivement traduite par un accord juridique contraignant avec des mécanismes d'applications crédibles.