L'absurde jusqu'à la fin de Copenhague

samedi 19 décembre 2009 Écrit par  Marc Mayor

Le Premier Ministre Danois Lars Lokke Rasmussen, Président du sommet COP15 de Copenhague, a soumis l'accord politique trouvé tard la veille à l'approbation de la séance pléniaire, réunie en prolongation. Celle-ci refuse de l'approuver, les uns pour des raisons de forme (l'accord ne serait pas recevable parce que trouvé en dehors des instances de COP15), les autres pour des raisons de fond (l'accord n'irait pas assez loin et ne serait pas assez engageant).

La décision de soumettre l'accord à la séance pléniaire était sujet à controverse : il s'agit d'un accord multilatéral trouvé en dehors des instances de la conférence parce qu'aucun accord n'avait pu être trouvé dans le cadre de celle-ci. Cela renvoie au commentaire du Président de Tuvalu mercredi : « Nous sommes sur le Titanic, et nous nous réunissons pour décider si nous sommes en train de couler. »

Toujours est-il que le manque d'accord dans le cadre du sommet ne paraît pas avoir un coût politique important pour le Président Obama ou le Président Chinois Weng Jiabao. Les chaînes de télévision américaines en parlaient sur des tons positifs, et seulement en troisième sujet du jour, bien après le vote imminent du Sénat sur la réforme de santé, et... la tempête de neige qui s'abattait sur Washington et qui aurait inciter Obama à quitter Copenhague dans la nuit afin d'être sûr de pouvoir atterrir.

Il faut dire que la conférence de presse du président des Etats-Unis avant son départ de Copenhague avait été bien organisée : seuls les journalistes américains étaient autorisés à y participer, et les trois journalistes choisis pour poser des questions l'avait été nommément par Obama en lisant leur nom sur une feuille préparée à l'avance. L'importance politique de l'écologie aux Etats Unis est encore à démontrer. Quant à Weng Jiabao, il paraît peu probable qu'il affronte des manifestations sur le sujet à son retour à Pékin.

L'accord signé dans la nuit, incluait une aide de 10 milliards de dollars en 2010 pour aider les pays défavorisés dans leur lutte contre le réchauffement. Le refus de signature de la séance pléniaire aurait comme conséquence, d'après le ministre de l'écologie anglais Milliband, de ne pas permettre de distribuer cette aide. Le groupe des 77 pays pauvres assume, le Président Bolivien Morales affirmant « qu'on ne peut pas nous acheter ».