Photovoltaïque : "couvrir les toits avant de s'attaquer à la terre"

mercredi 13 janvier 2010 Écrit par  Yves Heuillard
Faisant suite à l'annonce par le Ministère de l’Ecologie des conditions d’achat de l’électricité produite par des panneaux solaires photovoltaïques, les Chambres d'agriculture considèrent que la faible différence entre les installations avec intégration simplifiée au bâti (42 cts le kWh) et les installations au sol (31,4 à 37 cts) aménera les porteurs de projets à se diriger préférentiellement sur des centrales aux sols. Pour les Chambres d'agricultrure "ceci va complètement à l’encontre des objectifs de préservation du foncier agricole prévus dans la Loi de Modernisation Agricole portée par le Ministre de l’Agriculture".

Réagissant à la décision du gouvernement de requalifier au nouveau tarif les projets (considérés comme spéculatifs) pour lesquels la demande d’achat de l’électricité a été formulée à compter du 1er novembre 2009 et n’ayant pas fait l’objet d’une demande complète de raccordement au réseau (voir notre article), les Chambres d’agriculture réclament le respect des engagements pris durant cette période par les agriculteurs souhaitant développer les énergies renouvelables dans leur exploitation.

Dans la situation actuelle de crise sans précédent que traverse le monde agricole, et dans le contexte de son engagement dans la lutte contre le changement climatique et la production d’énergies renouvelables, Luc GUYAU, président des Chambres d'agriculture, déclare : «Nous nous sommes engagés résolument dans le Grenelle, et atteindre les objectifs de 2020 avec 10 ans d’avance est plutôt bon signe. Je comprends qu’il faille faire le tri entre des projets durables et les projets spéculatifs, mais nous souhaitons d’abord que soient couverts tous les toits de France avant de s’attaquer aux terres dont la planète a besoin pour se nourrir». On notera simplement que le développement des biocarburants, qui occupent des centaines de milliers d'hectares de bonnes terres, ne fait pas l'objet de la même opposition.