Une pomme de terre OGM autorisée à la culture

mardi 02 mars 2010 Écrit par  Yves Heuillard

La pomme de terre transgénique Amflora, mise au point par l'entreprise allemande BASF, a été autorisée le 2 mars par la Commission européenne... Il s'agit de la première autorisation de culture d'une plante génétiquement modifiée depuis 1998, date de l'autorisation du maïs Mon810. L'information est publiée par Inf'OGM. Pour ses auteurs, Eric Meunier et Christophe Noisette, cette décision n'est pas surprenante, car dès le mois de janvier, des bruits dans les couloirs de la Commission circulaient annonçant que Barroso souhaitait en terminer avec le blocage sur le dossier OGM...

Selon Inf'OGM, cette autorisation "extrêmement controversée", s’accompagne de trois autres pour l’importation de trois variétés de maïs génétiquement modifiés : les variétés Mon863xMon810, Mon863xNk603 et Mon863xMon810xNk603.

La position française officielle

Ce jour, le gouvernement français décide de saisir le Haut Conseil des biotechnologies (HCB) notamment sur la présence, dans cette pomme de terre, d’un gène marqueur de résistance à un antibiotique.
La France attendra donc l’avis du HCB pour arrêter sa position. D’une façon plus générale, la France souhaite qu’il n’y ait plus d’autorisation d’OGM sans le renforcement de l’expertise scientifique communautaire, en application des conclusions adoptées à l’unanimité par les Etats membres lors du Conseil européen des ministres de l’Environnement du 4 décembre 2008.

Dans son article, l'association de veille citoyenne d'information sur les OGM, précise : "la pomme de Terre Amflora (EH92-527-1) a été modifiée par transgénèse afin de contenir un taux d’amidon, sous forme d’amylopectine, plus élevé. L’amylopectine intéresse l’industrie pour la fabrication de textiles, béton ou papier. Selon le dossier déposé par l’entreprise, l’industrie du papier serait la principale destinataire de l’amidon produit par cette plante. Autre caractéristique, la pomme de terre Amflora contient le gène nptII qui confère une résistance à l’antibiotique kanamycine. Or pour ce dernier, les experts sont en conflit : ceux de l’Agence Européenne de Sécurité des Aliments (AESA) considèrent que l’utilisation d’un gène de résistance à la kanamycine n’est pas problématique ; ceux de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), en revanche, considèrent qu’il s’agit d’un antibiotique important en médecine qu’il importe donc de préserver en limitant la possibilité de création de bactéries résistantes par la diffusion du gène nptII".

Les auteurs expliquent comment BASF et ses partenaires suédois - Plant Science Sweden AB et Amylogene HB ont décidé en 2008 de faire pression sur la Commission européenne, en déposant une plainte le 24 juillet 2008 pour obliger la Commission à autoriser la pomme de terre étant donné que la majorité qualifiée des Etats membres, n'avait pas été obtenue pour rejeter l'autorisation.

L'article complet sur le site de Inf'OGM

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