BP pourra-t-il colmater la fuite de pétrole dans le Golfe du Mexique ?

mardi 11 mai 2010 Écrit par  Yves Heuillard

Pompage du pétrole à la surface de l'océanDans le Golfe du Mexique, le combat de BP contre la fuite de pétrole a pris deux formes. L'une, consiste à gommer le plus possible les effets apparents de la fuite, en pompant le pétrole à la surface de l'eau, en le brûlant, ou en l'aspergeant de dispersants chimiques dont la toxicité sur l'environnement est controversée. L'autre, le combat contre la fuite elle-même, a pris le tour d'une nouvelle "guerre du Golfe", avec le déploiement visible de forces navales et aéroportées, des armées d'experts et d'engagés volontaires, et une rhétorique militaire qui se veut rassurante : "tout est sous contrôle". Voici les solutions envisagées par BP lors de son dernier debriefing à l'attention de la presse, le 10 mai 2010. [Photo DeepWater Horizon Response]

Graphique de la situationLa première tentative de BP pour colmater la fuite a consisté à essayer d'actionner la vanne d'un dispositif de prévention des explosions qui n'a pas pu être déclenché au moment de l'accident (en rouge sur la photo ci-contre tirée d'un film d'animation daté du 1er mai dernier destiné à rassurer sur l'issue de l'accident). L'opération a échoué.

Deuxième tentative avec un dôme de 100 tonnes et de 15 mètres de hauteur, une sorte de couvercle géant construit spécialement et descendu sur la fuite à plus de 1500 mètres de fond (en vidéo ci-dessous). Une fois le dôme placé sur la fuite, l'objectif était de le raccorder à la surface par des tuyaux afin de récupérer le pétrole. La formation de glaçons d'hydrate de méthane, bouchant l'ensemble du dispositif, a mis fin à l'expérience. Le couvercle gît maintenant sur le fond, inutile.

La troisième tentative vise à descendre un dôme plus petit. Un système de tuyaux concentriques permettrait d'injecter du méthanol dans le dôme afin d'éviter la formation d'hydrate de méthane et de récupérer le pétrole. Le dispositif devrait être mis en place d'ici la fin de la semaine. Il ne devrait toutefois récupérer qu'une partie du pétrole.

Quatrième solution, le "hot tapping", qui consiste à se brancher sur le tuyau fuyard pour détourner le flot de pétrole. Pour comprendre de quoi il s'agit vous pouvez regarder cette vidéo (qui n'est pas relative à l'accident) tout en gardant à l'esprit qu'on est à 1500 mètres de fond.

Cinquième solution, injecter des débris de toutes sortes (genre vieux pneus broyés) dans le système de prévention d'explosion, dont la valve serait partiellement fermée, limitant malgré tout la fuite. L'idée étant de faire coaguler le flot de pétrole.

La technique de la dernière chance, déjà en oeuvre, consiste à forer un deuxième puits en diagonale jusqu'à la base du puits existant (une cible de 25 cm à 3 km sous le fond de l'océan) et d'y injecter du ciment. En fait, ce sont deux puits qui sont forés, le deuxième visant à faire baisser la pression pour faciliter le colmatage. L'opération pourrait prendre plusieurs mois.

Dans tous les cas, les ingénieurs de BP disent, que pour toutes les solutions envisagées, il existe un risque d'aggraver la fuite.

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