L'échec de Copenhague nous a déjà couté 1000 milliards de dollars

vendredi 12 novembre 2010 Écrit par  Yves Heuillard
centrale au charbon-Le rapport annuel sur l'énergie, World Energy Outook publié par l'Agence Internationale de l'Energie (AIE) prévoit les augmentations de consommation énergétique par types d'énergie et les émissions de CO2 au niveau mondial d'ici à 2035. Il s'appuie sur trois scénarios. Le premier étend jusqu'en 2035 les politiques actuelles des états sur la base des engagements adoptés à ce jour. C'est le scénario du "on continue comme avant". Le deuxième postule que les engagements pris par les états, notamment ceux pris à Copenhague en décembre 2009 ainsi que les programmes d'éliminations successives des subventions aux combustibles fossiles seront suivis. Le troisième dit "scenario 450" est cohérent avec l'objectif de non dépassement d'une augmentation de température de 2°C par une limitation du CO2 dans l'atmosphère à 450 ppm (parties par millions) [photo CC bass_nroll]

Le rapport montre que les engagements pris par les pays dans le cadre de l'Accord de Copenhague sont largement insuffisants pour parvenir à l'objectif de limitation du réchauffement de la planète à 2°C. Il indique aussi que même si tous les engagements sont tenus, les réductions des émissions après 2020 coûteront beaucoup plus cher que si les pays s'étaient engagés plus tôt sur des réductions plus ambitieuses. Ainsi la facture à payer pour réaliser les engagements pris à Copenhague nous coûterait aujourd'hui 1000 milliards de dollars de plus que l'année dernière, soit de l'ordre de 12 000 milliards de dollars jusqu'en 2035. Pour relativiser ce chiffre, précisons qu'il représente moins de 1% du PIB mondial sur la période.

Parmi les mesures les plus urgentes le rapport pointe du doigt les subventions directes ou indirectes aux combustibles fossiles. Elles ont été de 312 milliards de dollars en 2009.

Pour les auteurs, la faiblesse des engagements de l'accord de Copenhague; l'ambiguïté de leur mode d'exécution, réduisent considérablement la probabilité d'une augmentation de température limitée à 2°C sur le siècle, sauf à compter sur une impulsion phénoménale et sans précédent des pouvoirs publics dans le monde entier.