La démocratie à l'épreuve des gaz de schistes

vendredi 21 janvier 2011 Écrit par  rédaction

Monsieur Jean-Jack Queyranne, président de la région Rhônes-Alpes, appelle l’attention de Madame la Ministre de l’écologie, du développement durable, des transports et du logement sur les conséquences écologiques désastreuses que pourraient avoir la recherche des gaz de schiste dans la vallée du Rhône.

Dans une question écrite à la Ministre de l'écologie, Monsieur Queyranne rappelle que, sans concertation aucune avec les collectivités locales situées dans une zone géographique s’étendant de Valence Sud à Montpellier, soit environ 4 327 km carrés, le Ministère de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de la mer a octroyé, le 1er mars 2010, deux permis exclusifs de recherche de mines d'hydrocarbures liquides ou gazeux aux sociétés Total E&P France et Devon Energie Montélimar SAS et par ailleurs aux sociétés GdF-Suez et Schuepbach Energy LLC.

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Le président de la région Rhônes-Alpes exprime son inquiétude sur la dangerosité écologique et environnementale est avérée : "la technique consistant en l’injection de millions de mètres cube d’eau, de sable et d’additifs chimiques destinés à casser les schistes et libérer le gaz, transforme l’eau utilisée en déchets industriels qui pour une grande quantité resteront dans le milieu naturel. Je veux rappeler que le fleuve Rhône est depuis de nombreuses années pollué aux PCB et qu’à ce jour, aucune mesure réellement concrète n’a été prise pour combattre cette pollution des eaux courantes, des nappes phréatiques et du monde animal."

Il rappelle que la Région Rhône-Alpes, étant engagée dans une forte action en faveur du climat et conjointement avec l’Etat dans un Schéma Régional du Climat, de l’Air et de l’Energie, elle ne peut accepter d’être un terrain d’exploitation d’hydrocarbures liquides ou gazeux qui aura pour première conséquence, à court et moyen terme, de devenir un vaste secteur géographique pollué de métaux lourds particulièrement toxiques. 

En conséquence, Monsieur Queyranne demande au gouvernement de procéder à l’annulation du décret du 1er mars 2010, afin que la Région Rhône-Alpes, pilote en matière d’environnement ne devienne pas un territoire contrevenant aux recommandations du Plan Régional d’Elimination des Déchets Dangereux (PREDE) qui préconise notamment « la réduction à la source des déchets par la limitation des quantités produites », réduction qui sera impossible à réaliser lors de l’exploitation du gaz de schiste.