Nucléaire : trop cher, nous avons besoin d'aide dit EDF aux anglais

mardi 19 mars 2013 Écrit par  Yves Heuillard
Aujourd'hui au Royaume-Uni le secrétariat d'état à l'énergie à donné son accord pour la construction par EDF de deux nouveaux réacteurs sur le site de Hinkley Point (EDF avait racheté British Energy en 2008). Ceci faisant suite à l'approbation par les autorités nucléaires britanniques de l'architecture technique de l'EPR. Reste que ce n'est pas suffisant, EDF veut davantage.

EDF réclame un soutien financier du gouvernement sous la forme d'une garantie de prix plancher pour l'électricité produite à hauteur de 100 livres sterling par mégawatt-heures (MWh), soit près de 120 euros le mégawatt-heures, soit encore 12 cts le kWh.

Ce qui est une demande bien curieuse vu de ce côté de la Manche où le nucléaire est encore très souvent présenté comme une énergie bon marché et où le soutien de l'état aux énergies renouvelables par les partisans de l'atome est lui même décrié.

Au Royaume-Uni les opposants à ce système de subvention de l'énergie nucléaire font falloir qu'il en coûtera 1,2 milliard d'euros aux finances publiques pendant 30 ou 40 ans, et que le prix demandé par MWh est supérieur aux estimations de coût de l'électricité les plus hautes faites par le gouvernement jusqu'en 2030 (Source Guardian).

Au moment où nous écrivons ces lignes, le prix de vente en gros de l'électricité sur les marchés européens de l'électricité (Eurpean Eneorgy Exchange, EEX ) est de 50,36 euros le MWh en Allemagne, qui rappelons-le a fermé 7 réacteurs nucléaires en 2011 à la suite de l'accident de Fukushima, contre 66 euros le MWh en France.

Alors que l'électricité éolienne devient toujours meilleur marché (60 et 80 euros le MWh pour l'éolien terrestre), que le kWh photovoltaïque est déjà moins cher à produire soi-même qu'à acheter sur le réseau dans 11 des états de l'Union Européenne, le nucléaire apparaît comme une des rares activités humaines dont la courbe d'apprentissage est négative.

Le Royaume-Uni fait faisant face à l'énorme défi de devoir renouveler 40% de ces centrales électriques d'ici 2025, et les compétiteurs nucléaires d'EDF ayant jeté l'éponge, l'énergéticien français a toutefois de bonne chance de gagner cette bataille.

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