Solaire photovoltaïque, les tarifs de rachat sont-ils adaptés ?

lundi 03 juin 2013 Écrit par  Yves Heuillard

toit solaire

Dans un article du 1er juin dernier publié par le site Huffington Post, David Haïun, Président de Groupe Solaire de France, une entreprise de services dans le secteur de l'énergie, invective le gouvernement pour dénoncer les baisses successives du tarif de rachat de l'électricité photovoltaïque et demande au contraire un relèvement à 40 cts d'euros le kWh pour les particuliers. Faute de quoi, ce serait la mort de la filière photovoltaïque française. [photo Ciel et Terre]

Curieusement, quand on regarde ce qui se passe en Allemagne, le tarif de rachat a été baissé depuis le mois de mai à 15 cts d'euros (au lieu de 19 cts un an plus tôt) de manière à calmer le rythme des installations annuelles à un niveau situé entre 2,5 et 3,5 GW par an (soit quand même l'équivalent en puissance - quand le soleil luit - de 2,5 à 3,5 réacteurs nucléaires).

On imagine assez mal que nos voisins allemands, avec leurs économies personnelles, souvent au travers de coopératives citoyennes de production d'électricité, investissent des milliards d'euros pour satisfaire leurs seules consciences écologiques. à 15 cts d'euros le kWh, l'investissement est rentable en Allemagne, et à 10 cts d'euros, le tarif pour les grosses installations, l’investissement procure un revenu de 6% par an. Pour s'en convaincre on pourra lire ici notre article sur la centrale solaire coopérative de Vogtsburg (dans le Bade-Wurtenberg), un exemple parmi d'autres dont tous les détails du financement peuvent être trouvés ici .

Pourquoi ce qui est rentable en Allemagne avec un tarif de rachat de l'électricité entre 10 et 15 cts d'euros (selon la taille de l'installation), mènerait-il à la ruine la filière française à 30 cts d'euros ? Le tarif photovoltaïque français, subventionné par les consommateurs d'électricité, ne serait-il pas à l'inverse trop élevé ?

Pour David Haïun, qui a bien voulu nous répondre, plusieurs éléments conduisent à un prix des installations plus élevé en France : le coût des charges salariales ; la complexité administrative qui aboutit à des délais 5 ou 6 fois plus longs qu'en Allemagne ; les exigences d'intégration au bâti ; les démarches de raccordement ; la taille moindre des projets.

Précisons que le tarif de rachat doit permettre la stimulation et le développement de la filière française de manière à acquérir une expertise nationale. Pas assez généreuse elle n'est pas assez stimulante, mais trop généreuse, elle n'incite pas aux efforts de compétitivité et d'inventivité nécessaires pour saisir les opportunités d'un gigantesque marché mondial. Mais encore faut-il avoir envie de les saisir. Pour David Haïun la stratégie française en la matière relève de l'amateurisme.  

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