Contrôleur à la SNCF, il veut se protéger des ondes

vendredi 26 septembre 2014 Écrit par  Yves Heuillard

TGV, la nuit à la Gare de Lyon

Olivier T. est contrôleur à la SNCF. Il y a quelques années il découvre que téléphoner avec un smartphone lui donne de forts maux de têtes et il prend alors conscience du danger des ondes. Olivier refuse alors de travailler avec des appareils sans fil dans les trains et se plaint de subir des pressions de la part de son employeur. Olivier a donc saisi le Conseil des Prud'hommes de Paris, mettant en cause la SNCF pour harcèlement moral, poursuites disciplinaires, discrimination, retrait brutal de ses attributions, blocage de son droit à l'avancement, à l'encontre de ses prises de position qui ne visent qu'à protéger sa santé et celles de ses collègues.

Olivier ne comprend pas : "alors que le Ministère de la santé fait campagne pour appeler le public à prendre des précautions avec la téléphonie mobile et éviter en particulier de téléphoner pendant les déplacements à grande vitesse, moi on me retire mon métier parce que je respecte ces mêmes recommandations, et ce de façon arbitraire, sans aucune procédure disciplinaire ; je suis maintenant affecté à des besognes qui n'ont rien à voir avec ma fonction".

Les organes vitaux soumis à un rayonnement permanent

Il faut savoir que la SNCF équipe maintenant ses contrôleurs avec des terminaux portables dans les trains et que ceux-ci communiquent sans fil avec les ordinateurs de la compagnie. Les contrôleurs portent donc sur eux, en permanence, deux appareils de téléphonie portable : leur smartphone et leur terminal.

Difficile de faire autrement que de les porter à la ceinture, posés sur les organes vitaux. Et dans un train en déplacement, les appareils mobiles sont le plus souvent en émission à pleine puissance, parce qu'ils doivent se caler en permanence sur les antennes-relais placées le long de la voie. De nombreuses études ont montré le niveau record des champs électromagnétiques lorsque qu'on émet depuis un espace métallique clos comme une voiture ou un train.  

illustration invitant à Eviter les appels en déplacement à grande vitesseOn comprend mal alors que ce qui constitue, selon l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé, un risque pour le public en déplacement occasionnel, ne soit pas reconnu comme un risque d'autant plus grand pour un employé qui passe la totalité de son temps de travail dans un train. "L'usage de smartphone va-t-il devenir obligatoire?" s'indigne Olivier T. "Quid de notre santé, de notre vie privée, de notre liberté ?".

Mis au placard

Olivier assure par ailleurs que son métier pourrait très bien s'effectuer sans la technologie sans fil portative. Pour son avocat la situation de harcèlement que vit Olivier se matérialise par des poursuites disciplinaires, une discrimination au regard de ses prises de position, une mise au placard, un retrait brutal de ses attributions, ainsi qu’un blocage de son droit à l’avancement alors que l'employeur a l'obligation d'assurer la sécurité et de protéger la santé physique et mentale des travailleurs.

Selon Olivier, pour le moment la SNCF et même les médecins de l'entreprise ne prennent ses inquiétudes au sérieux. Pourtant Olivier est probablement en première ligne d'un nouveau champ de luttes sociales où se rejoignent l'environnement, le droit du travail, le droit à la santé, et celui des lanceurs d'alertes.

Mais comme souvent lorsque des problèmatiques sociales et environnementales se heurtent à des impératifs économiques, on oublie que ces problématiques représentent à la fois des opportunités de progrès pour les hommes, d'économies pour la société, et d'affaires pour les entreprises. L'installation d'un petit terminal en bout de voiture à destination des contrôleurs, connecté à une antenne sur le toit, et éventuellement relié à un réseau local, résoud le problème en offrant des possibilités de services aux usagers économiquement intéressantes.

Jugement au printemps prochain. 

Photo d'ouverture ddmagazine. DR
Dans le texte illustration tirée du site "Les ondes mobiles" édité par Institut national de prévention et d'éducation pour la santé

 

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