Parler de thé sans pesticide en Inde peut être dangereux...

mercredi 06 mai 2015 Écrit par  Yves Heuillard
Militants de Greenpeace en faveur des forêts de Mahan Militants de Greenpeace en faveur des forêts de Mahan Sudhanshu Malhotra / Greenpeace

Le gouvernement indien multiplie depuis plusieurs mois les attaques contre Greenpeace Inde. Suite aux allégations de financements étrangers, Greenpeace Inde a fait l'objet d'une série de sanctions imposées par le ministère de l'Intérieur, sanctions qui, pour le moment, ont toutes été annulées par la Haute Cour de Delhi.

La dernière attaque contre Greenpeace bloque l'accès à des comptes bancaires nationaux financés par les dons de plus de 77 000 citoyens indiens, qui représentent 68% des revenus de l'association.

En mars dernier, la Haute Cour de Dehli avait annulé l'interdiction de voyager signifiée à Priya Pillai, responsable de campagne pour Greenpeace Inde.

La décision du ministre de l'Intérieur, Rajnath Singh, de geler les comptes bancaires nationaux de Greenpeace Inde pourrait non seulement faire perdre leur emploi à 340 salariés de l'organisation, mais aussi mettre brutalement un terme à ses campagnes sur le développement durable, la justice environnementale et les énergies propres et abordables.

« La fermeture forcée de Greenpeace Inde ne serait pas qu'un symbole catastrophique pour ce pays. Ce serait surtout la fin de campagnes ambitieuses et d'une véritable vision d'un avenir respectueux de l'environnement et des personnes. Les actions de Greenpeace ont déjà permis des avancées majeures, par exemple en protégeant récemment les forêts de Mahan de l'exploitation de charbon, mais également des solutions positives pour les Indiens les plus pauvres », souligne Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France.

« Le ministre de l'Intérieur est en train de nous tuer à petit feu » poursuit Samit Aich, le responsable local de Greenpeace « parce qu'il sait qu'une interdiction pure et simple est inconstitutionnelle [...] Ces attaques ont-elles lieu parce ce que nous avons parlé de thé sans pesticides, de pollution de l'air, et d'un avenir plus propre et plus juste pour tous les Indiens ? ».

Greenpeace Inde prépare un nouveau recours judiciaire, mais Samit Aich craint que le processus ne se prolonge bien delà du 1er juin, date à laquelle les réserves de trésorerie pour les salaires et les frais de fonctionnement seront épuisées.