Pas de pause dans le réchauffement climatique

mardi 23 juin 2015 Écrit par  Yves Heuillard
Jeux dans les fontaines par forte chaleur Jeux dans les fontaines par forte chaleur Photo CC Vasilios Sfinarolakis

Une étude publiée dans le magazine "Science" par les scientifiques du NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration) montre qu'il n'y a pas de pause dans le réchauffement climatique. L'année 2014 a été la plus chaude, et 2015 est en passe de battre le record.

Le NOAA, qui dépend de l'Admininstration fédérale des Etats-Unis, est l'un des instituts de recherche sur le climat  les plus respectés du monde. En juin 2015, il publie une étude (1) dans le magazine "Science", pour indiquer que, contrairement à une croyance populaire, il n'y a pas de pause dans le réchauffement climatique.

Le dernier rapport du Giec (2) faisait bien état d'un ralentissement du réchauffement climatique durant la période 1998-2012, sans pour autant conclure à une pause. Mais ceci avait donné des arguments aux opposants des mesures environnementales en faveur du climat.

Les scientifiques du NOAA ont recalculé l'ensemble des données disponibles, et ils montrent que le rythme du réchauffement durant les 15 premières années du 21ème siècle est au moins aussi élevé que pendant toute la deuxième moitié du 20ème siècle.

Le Chien, son maître, la météo et le climat

Rappelons que le réchauffement climatique est un phénomène qui n'est pas régulier et qui n'est perceptible que si on analyse les données sur plusieurs décennies. En choisissant soigneusement une année de départ où les températures ont été particulièrement élevées et une année d'arrivée où les températures ont été relativement basses, il est possible de conclure à une stabilisation comme le montre cette remarquable animation qui utilise la métaphore d'un chien et de son maître en promenade.

Depuis l'étude en question, les chiffres moyens des températures planétaires ont été publés par le NOAA (3) pour la période du mois de mai 2015, et pour la période de janvier à mai 2015. Jamais de mémoire de thermomètre un mois de mai n'a été aussi chaud (+0,87°C de plus que la moyenne du 20ème siècle), et jamais la période de janvier à mai n'a été aussi chaude (+0,85°C). L'année 2015 pourraît être encore plus chaude que l'année 2014, année déjà la plus chaude depuis 1880.

Rappelons également que le réchauffement n'est pas uniforme sur la planète et que la météorologie n'est pas le climat. Pour le mois de mai par exemple, l'Alaska a connu ses plus hautes températures depuis 91 ans, l'Espagne son deuxième mois de mai le plus chaud ; à l'inverse la Norvège, le Royaume-Uni, le Groenland, l'Islande, on connu un mois de mai plutôt froid, toujours selon le NOAA.

carte du réchauffement climatique
Janvier à mai 2015 Écarts des températures avec les moyennes de 1981 à 2010. Source NOAA.

Les cycles du soleil au secours du climat ?

Le Met Office, l'Office météorologique du Royaume-Uni, une autre institution de référence sur le climat, vient de publier une étude dans la revue Nature Communications (4) sur l'impact climatique du ralentissement de l'activité solaire - bientôt à son plus bas niveau d'un cycle d'une période de deux ou trois siècles.

L'impact calculé ne serait que de l'ordre de 0,1°C sur les températures moyennes terrestres, soit un impact assez faible comparé à un réchauffement que nous voudrions bien contenir à +2°C.

Quatre bombes Hiroshima par seconde

Quand on parle du réchauffement climatique, il ne s'agit que du réchauffement de la surface de la planète, l'endroit où se développe l'humanité. L'augmentation de chaleur de la surface de la Terre ne réprésente que 1 à 2% du réchauffement, 90 % de celui-ci étant absorbés par les océans.

Le site internet Skeptical Science (dont l'objectif est d'expliquer au plus grand nombre les fausses interprétations, les confusions et  les mythes au sujet du réchauffement) publie le chiffre étonnant suivant : chaque seconde, la chaleur emmagasinée par notre bonne vieille Terre, du fait du seul réchauffement climatique, est équivalente à la chaleur dégagée par 4 bombes Hiroshima.

Références
1) Possible artifacts of data biases in the recent global surface warming hiatus. Science 26 June 2015.
2) IPCC Fifth Assessment Report.
3) NOAA National Centers for Environmental Information, State of the Climate: Global Analysis for May 2015.
4) Return of 'grand solar minimum' could affect European and eastern US winters - but wouldn't halt global warming.
5) http://4hiroshimas.com/

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