L'Allemagne va fermer ses centrales à charbon les plus polluantes

lundi 06 juillet 2015 Écrit par  Yves Heuillard
Mine de lignite à ciel ouvert de Garzweiler en Allemagne Mine de lignite à ciel ouvert de Garzweiler en Allemagne Photo CC Bert Kaufmann via Flickr

Le gouvernement de coalition de Angela Merkel a annoncé la décision de fermer cinq de ses plus grosses et plus polluantes centrales à charbon dans l'objectif de respecter et dépasser ses objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre pour 2020.

Cinq centrales électriques qui brulent de la lignite (la plus mauvaise qualité de charbon) seront fermées d'ici 2020, soit une puissance de 2,7 GW retirée du réseaux (13% de la capacité de production au charbon). Le terme "fermées" n'est pas tout à fait exact, car les centrales ne seront pas autorisées à vendre leur production électrique sur le marché normal, mais elles seront conservées en réserves pour faire face à des demandes de pointes.

La manière dont seront indemnisées les entreprises propriétaires de ces centrales n'est pas claire pour le moment, si tant est qu'elles soient indemnisées. L'une des mesures proposées, parmi d'autres, serait de soutenir les entreprises concernées dans la mise en oeuvre de projets de cogénération (production combinée de chaleur et d'électricité dans les bâtiments).

La fermeture des centrales thermiques les plus polluantes fait partie du plan allemand d'atteindre 40% de réduction des émissions de CO2 d'ici 2020 (par rapport à 1990), soit 10 ans en avance par rapport aux mêmes objectifs européens. Rappelons que l'objectif de la transition énergétique allemande est d'atteindre au moins 80% d'électricité renouvelables en 2050.

L'Allemagne a réussi l'extraordinaire pari de passer de 6,3% d'électricité renouvelable en 2003 à près de 30% en 2014, tout en fermant 8 réacteurs nucléaires. Les renouvelables (éolien, photovoltaïque, biogaz) dans un pays qui n'est pas particulièrement ensoleillé, ni venté, ni doté de grandes surfaces agricoles, ont produit plus d'électricité en 2014 que les centrales marchant à la lignite.

Les émissions de CO2 de l'Allemagne ont baissé de 1% en 2014 (données corrigées du climat, source AG Energiebilanzen) et contrairement aux idées reçues les augmentations des années précédentes, n'étaient pas liées à la sortie allemande du nucléaire, mais à la baisse des prix du charbon sur les marchés et à l'effondrement du marché européen d'échange de quotas de carbone (EU ETS). Les opérateurs ont donc préféré brûler du charbon plutôt que du gaz.