Inondations : des catastrophes qui n'ont rien de naturel

mercredi 07 octobre 2015 Écrit par  rédaction

Pour l'association France Nature Environnement, les élus ont beau jeu de mettre en cause Météo France. Si les Alpes-Maritimes ont été touchées par de telles inondations, c'est avant tout parce que ce territoire subit de longue date une urbanisation irréfléchie. Le béton a colonisé et continue d'envahir les espaces agricoles et forestiers, empêchant les eaux pluviales d'être absorbées par les sols et de s'écouler normalement, provoquant de multiples inondations toujours plus destructrices.

Et FNE de citer l'exemple de "Cagnes-sur-Mer ou un Plan de Prévention du Risque Inondation (PPRI) a bien été rédigé, mais il n'est pas respecté par les élus eux-mêmes. Le Polygone Riviera, dernier grand projet communal en date, proposera une surface commerciale utile de 70 000m² et 3000 places de parkings en pleine zone inondable (zone rouge du PPRI). A quinze jours de son inauguration, le parking est déjà submergé..."

Eviter les copinages et la spéculation

L'association de défense de l'environnement dénonce la mauvaise gestion de notre territoire et l'absence de prise en considération du changement climatique dans les plans de prévention du risque inondation. Elle point du doigt de "nombreux élus qui cèdent aux pressions ou encouragent la spéculation foncière, des arrêtés de catastrophes naturelles qui leur permettent de continuer d'artificialiser les sols tout en rejetant la faute sur le climat, et en faisant finalement faire payer la note par le contribuable".

Pour Denez L'Hostis, Président de France Nature Environnement : « Combien de temps allons-nous encore supporter les larmes de crocodiles de beaucoup d'élus, alors que leur responsabilité est engagée ? Le permis de construire ne doit plus être délivré à l'échelle communale dès qu'il s'y attache des enjeux importants. Pour éviter les copinages, la spéculation foncière et les prises de risques inconsidérées, l'échelle intercommunale nous semble être un échelon bien plus adapté, à la condition que les intercommunalités (et en particulier les métropoles) se dotent d'une bonne gouvernance associant tous les acteurs et prennent réellement en charge la question des risques. Cet échelon politique nous apparaît d'autant plus adapté que les problèmes liés à l'eau débordent complètement les limites administratives de la commune. »