L'OCDE ne soutient plus le charbon. C'est décidé, sauf que...

mercredi 18 novembre 2015 Écrit par  Yves Heuillard
Centrale à charbon. Au premier plan un convoyeur. Centrale à charbon. Au premier plan un convoyeur. Photo CC BY-NC-ND 2.0 Jeremy Stump

Les pays de l’OCDE sont parvenus à un accord limitant les soutiens publics aux centrales à charbon via leurs agences de crédit à l’export. Selon le WWF, c'est un pas important mais qui est insuffisant car il est entaché de plusieurs exceptions.

L'accord limitant le soutien au charbon devait en théorie mettre fin aux crédits à l'export pour les centrales électriques. En fait il ne s'appliquera qu'aux centrales les moins « performantes » sur le plan technologique, et ne prendra effet qu'au 1er janvier 2017 avec une révision en 2019. Le WWF rappelle qu'entre 2007 et 2014, les crédits à l'export des pays de l'OCDE pour le charbon ont représenté 34 milliards de dollars - 4,3 milliards de dollars par an – soit presque la moitié des soutiens publics à cette énergie fossile au niveau international (1)

L'accord a été affaibli à la dernière minute par des pays pro-charbon tels que l'Australie et la Corée du Sud. Il contient, d'une manière générale, une dérogation pour les soutiens aux centrales à charbon les plus « performantes » et, pour les pays les plus pauvres, la possibilité de soutiens même pour les centrales les moins « performantes ».

Selon Sébastien Godinot, économiste au bureau des Politiques européennes du WWF, « À cause de divergences internes l'Europe a été incapable de prendre la tête de ces négociations. Nous déplorons notamment le rôle contreproductif joué par l'Allemagne, la République tchèque, la Slovaquie et la Pologne. Le cas de l'Allemagne, qui prétend être un « champion climatique », montre clairement comment les intérêts industriels ont pris le pas sur les engagements climatiques. Il est regrettable que la position de la France n'ait pas été suivie par d'autres pays : en mettant un terme à tout crédit à l'export pour les centrales à charbon, la France est le seul pays aligné sur l'objectif des 2°C. »

Notes
1) Selon une analyse du WWF et de Oil Change International, le soutien actuel des pays riches aux centrales à charbon à l'étranger est responsable chaque année de plusieurs dizaines de milliards de dollars en termes d'impacts locaux sur la santé et d'impacts sur le climat. Utilisant une méthode novatrice développée par le Fonds Monétaire International (FMI), cette analyse indique que les soutiens financiers aux centrales à charbon par les agences de crédit à l'export[1] des pays de l'OCDE causent de 8 à 32 milliards de dollars de dommages chaque année[2]. Sur les 20 centrales à charbon étudiées dans ce rapport, le montant total des soutiens est dépassé en un an seulement par le montant des coûts sur la santé et l'environnement. Consultez le rapport Hidden costs – Pollution from coal power financed by OECD countries.

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