La prochaine glaciation retardée de 100 000 ans

jeudi 14 janvier 2016 Écrit par  Yves Heuillard
Parc national des glaciers (Argentine) Parc national des glaciers (Argentine) Photo CC BY-NC 2.0 Chris Ford

L'humanité est devenue une force géologique qui est capable de retarder la prochaine ère glaciaire. Selon une étude publiée aujourd'hui dans la revue scientifique Nature les scientifiques du Potsdam Institute for Climate Impact Research (PIK) montrent que la relation entre l'insolation et la concentration de CO2 dans l'atmosphère est un critère déterminant pour expliquer les huit derniers cycles glaciaires de l'histoire de la Terre.

 

Normalement, sans interférence humaine, la prochaine glaciation devrait se produire dans 50 000 ans. Les résultats des scientifiques du Postdam Institute montrent que les émissions de gaz à effet de serre qui résultent des activités humaines sont déjà suffisantes pour modifier l'équilibre naturel du carbone de la planète et retarder la prochaine entrée en glaciation de 100 000 ans au moins.

Hans Joachim Schellnhuber, co-auteur de l'étude et directeur du PIK, rappelle que "comme aucune autre force sur la planète, les âges glaciares ont façonné l'environnement mondial et ainsi déterminé le développement de la civilisation humaine. Par exemple, nous devons nos sols fertiles à la dernière ère glaciaire qui a également sculpté les paysages d'aujourd'hui, façonnant les glaciers et des rivières, formant des fjords, des moraines et des lacs. Maintenant c'est l'humanité avec ses émissions de combustibles fossiles qui détermine le développement futur de la planète. Cela illustre très clairement que nous sommes depuis longtemps entré dans une nouvelle ère, l'Anthropocène, dans laquelle l'humanité est devenue une force géologique."