Voiture électrique, production en croissance de 70%, efficacité écologique douteuse

vendredi 26 février 2016 Écrit par  Yves Heuillard
Centrale au charbon dans la province de Henan, Chine. Centrale au charbon dans la province de Henan, Chine. Photo CC V.T Polyvoda

Le nombre de voitures électriques dans le monde à la fin de l'année 2015 s'établit à 1,3 million, avec une production sur l'année qui s'accroit de 70%. 550 000 voitures électriques ont été produites en 2015. C'est la Chine, le plus grand marché automobile mondial, qui affiche la plus forte croissance du parc installé avec 200 000 voitures électriques vendues sur un marché total de 21 millions, soit de l'ordre de 1%. Souvent présentée comme une solution écologique, la voiture électrique, pourrait bien ne pas changer grand chose. En Chine notamment elle fonctionne très majoritairement au charbon.

C'est aux Etats-Unis que le parc de voitures électriques est le plus grand, avec 410 000 véhicules, suivi de la Chine (307 000). En pourcentage du parc installé, la Norvège est largement en tête avec 3% de ses 2,7 millions d'automobiles sur les routes, chiffre à comparer à 0,12% en Allemagne. 

Ces chiffres sont publiés par l'institut allemannd ZWS (Zentrum für Sonnenenergie und Wasserstoff-Forschung),  centre de recherches sur l'énergie solaire et l'hydrogène du Bade-Wurtemberg, en soulignant que l'Allemagne pourrait mieux faire dans ce secteur.  Nénmoins pour la première fois une voiture allemande apparaît dans la liste des meilleures ventes mondiales, la BMW i3s avec 37 550 exemplaires sur les routes, alors que la Nissan Leaf caracole en tête des ventes avec 193 260 voitures vendues depuis 2010.

La voiture électrique reste néanmoins trop souvent présentée comme un moyen de transport propre ou "zéro émission", sans discernement. En Chine, qui produit les deux tiers de son électricité au charbon, une voiture électrique, est largement plus polluante (deux ou trois fois plus) qu'une voiture à essence. Seul avantage notable, elle permet de moins asphyxier les populations aisées du centre des villes et de reporter la pollution chez les malheureux qui habitent autour des centrales à charbon.

En Norvège dont l'électricité est produite presque totalement à partir de barrages, la voiture électrique peut en revanche être considérée comme "propre", du moins si on s'en tient au réductionnisme habituel qui ne consiste qu'à considérer les émissions de la voiture, et non les émissions totales sur son cycle de vie (on pourra consulter une étude l'Ademe sur le sujet), et les émissions nécessaires à la construction et à l'entretien d'un réseau routier.

Et si on considère que la Norvège est le deuxième exportateur mondial de gaz et le 5ème exportateur de pétrole, on comprend bien qu'on ne peut pas compartimenter la vertu environnementale, et qu'il faut raisonner globalement.

Et si nous raisonnions globalement, il est certain que la voiture, à pétrole ou électrique, n'aurait pas sa place, ou si peu de place, dans les villes. Rappelons encore que la démographie nous impose de construire une ville de 1,5 million d'habitants par semaine. Voulons-nous y ajouter 300 000 voitures qui rouleront à 15 km/h dans des enchevêtrements de voies dites "rapides", ou décidons-nous de penser autrement ?