Canal du Nicaragua : "un scandale écologique et humain"

mardi 01 mars 2016 Écrit par  Yves Heuillard
En bleu tracé retenu. Photo adaptée de Wikimedia Commons CC BY-SA 3.0 En bleu tracé retenu. Photo adaptée de Wikimedia Commons CC BY-SA 3.0

L'association de protection de l'environnement Envol Vert a manifesté devant le Ministère des Affaires Étrangères pour demander à la France de se positionner officiellement contre la Construction du Canal du Nicaragua. L'association dénonce un projet destructeur et les pressions exercées sur les populations indigènes par le gouvernement du Nicaragua pour le faire accepter.

En Décembre dernier, Envol vert s'est associé à la Fondacion del Rio pour appeler le gouvernement français à refuser la participation des entreprises françaises à la construction du canal du Nicaragua, prévu pour la fin de l'année 2016, et à s'opposer au projet avant qu'il ne soit trop tard.

La timidité des réponses a amené l'association à renforcer sa mobilisation ce 1er mars 2016 à travers une flashmob devant le Ministère des Affaires Étrangères. Après cette action l'association entend mener une opération de bombing sur les comptes twitters des décideurs concernés #StopCompliceCanalNicaragua pour solliciter une réponse plus claire.

L'Association rappelle les impacts faramineux du projet notamment le risque extrêmement élevé de pollution irréversible des eaux, notamment du lac Cocibolca qui constitue la plus grande réserve d'eau douce d'Amérique Centrale, et de destruction de la biodiversité dans les réserves naturelles protégées de la région.

Envol Vert dénonce également l'accaparement des terres les plus fertiles du pays, sources vitales au niveau national et régional : "Au total, ce sont 25 000 personnes qui sont menacées de déplacement. Le tracé prévu traverserait 52% des territoires indigènes et afrodescendants du Territoire Rama et Kriol, selon le recours présenté le 5 février devant le pouvoir judiciaire. Ce sont en tout 400.000 hectares de forêts tropicales et de zones humides qui seront détruites et plusieurs millions d'hectares d'écosystèmes environnant mis en péril."

Nos lecteurs intéressés par les arguments économiques du projet, son financement (majoritairement chinois) et les conditions dans lesquels il a été négocié, pourront se reporter au site du groupe HKND (le promoteur du projet) et à cet article du groupe de presse SCMP basé à Honk Kong.

En savoir plus sur le site de Envol-Vert.