Le renard pérsécuté parce qu'utile et pas cher...

mercredi 30 novembre 2016 Écrit par  rédaction
Le renard pérsécuté parce qu'utile et pas cher... Photo Lisa CC BY 2.0 via Flickr

Le Collectif Renard Grand Est, un regroupement d'associations de protection de l'environnement et de la biodiversité nous explique comment le renard, grand mangeur de campagnols qui détruisent les cultures, est persécuté. Reste-donc à empoisonner les campagnols à la bromadiolone. Une belle leçon d'écologie.

Sur certaines parcelles agricoles, les pullulations de campagnols des champs peuvent créer de véritables dégâts et causer une perte de rendement importante aux agriculteurs concernés. Pour limiter ces indésirables proliférations de rongeurs, la nature a bien fait les choses : de nombreux animaux tels que les rapaces (buses, faucons, milans, chouettes et hiboux) ainsi que de nombreux mammifères (renard, chat forestier, belette, fouine, martre, hermine...) sont de grands consommateurs de ces rongeurs et contribuent ainsi à leur régulation.

Pourtant s'offusque le Collectif renard "à la demande de la Fédération des Chasseurs de Moselle, la préfecture de Moselle autorise sans réserve la destruction intensive par le tir, le piégeage ou le déterrage de certains de ces petits carnivores comme le renard, la belette ou la fouine".

Ce serait plus de 13 000 renards qui auraient été ainsi détruits en Moselle au cours de la dernière saison cynégétique.  Or un seul renard consomme 6 000 à 10 000 campagnols par an ! Le Collectif accuse le monde de la chasse qui s'obstine à relâcher en masse des espèces dites « gibier » (perdrix et faisan) et ne tolère pas la présence de ces petits prédateurs susceptibles de prélever une infime partie de ces oiseaux issus d'élevage et destinés uniquement à la chasse.

Et de dénoncer des pratiques contre-productives, inefficaces et éthiquement discutables : les destructions massives de ces carnivores contribuent aux proliférations de micromammifères et aux dégâts qu'ils génèrent aux activités agricoles.

À mort le renard, vive la bromadiolone

Faute de prédateurs naturels, c'est donc une guerre chimique qui est menée dans nos campagnes. En effet, dans les cultures les plus impactées, on utilise de la bromadiolone pour lutter contre les proliférations de rongeurs. C'est avec ce poison, un rodenticide anticoagulant très toxique, que l'on tente de réduire les populations de campagnols des champs, et cette méthode radicale (qui provoque une mort horrible) n'est pas sans conséquences sur la santé humaine et sur l'environnement.

Enterrée dans les parcelles agricoles concernées, la bromadiolone est susceptible de se retrouver dans nos aliments, dans l'herbe qui nourrit le bétail et dans les nappes phréatiques. - Cet anticoagulant n'est pas seulement mortel pour les campagnols, il empoisonne aussi de nombreux rapaces (tous protégés) ainsi que les mammifères qui se nourrissent aussi des rongeurs agonisants, ingérant à leur tour le poison. Chaque année, ce sont des centaines d'animaux non ciblés qui meurent par empoisonnement indirect.

Si la faune sauvage paye un lourd tribut face à ces épandages, la faune domestique n'est pas en reste. En effet, nos chiens et nos chats pourront très facilement être au contact de ce poison et les avis de traitement qui doivent être obligatoirement affichés dans les mairies insistent sur l'importance de ne pas laisser divaguer les animaux domestiques sur les zones concernées et ce, pendant la durée du traitement et les 2 semaines suivantes.

Selon un Communiqué de presse du Collectif Renard Grand Est du 28 novembre 2016

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