La Bretagne construit une centrale nucléaire négative

mercredi 15 décembre 2010 Écrit par  Yves Heuillard

Bretagne, Pointe du razIl y a trente ans, la Bretagne a résisté à l'énergie nucléaire en empéchant la construction d'une centrale nucléaire à Plogoff. Plus récemment le refus d’un centre d’enfouissement des déchets nucléaires dans le granit armoricain, l'attention particulière portée au démantèlement de la centrale de Brennilis, prouvent que les bretons ne désarment pas. Mais, excentré par rapport aux centres de production, le réseau électrique breton est vulnérable. La construction envisagée d'une centrale thermique à Guipavas près de Brest (450 MW à gaz) devrait arranger les choses, un peu. Qu'à cela ne tienne, nous nous effacerons disent les bretons. Explications.  

La Bretagne a retenu l’effacement diffus parmi les solutions prioritaires pour répondre aux besoins de son réseau électrique. De quoi s'agit-il ? Une convention a été signée avec Voltalis pour mettre gracieusement à la disposition de 60 000 foyers et sites bretons volontaires, son boitier Bluepod. Installé sur leur armoire électrique, il permet la coupure, par Voltalis, d'un appareil électrique gourmand, généralement un appareil de chauffage.

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Grâce à ce boitier, Voltalis pourra décider d'arrêter, de temps à autre et pour quelques minutes, jusqu'à 60 000 appareils de chauffage. S'il le fait c'est pour rendre un service au gestionnaire du réseau lorsque celui-ci se trouve en déséquilibre (plus de demandes d'electricité que d'offres) et éviter la panne générale. Si les volontaires le font, c'est soit parce qu'ils sont convaincus par la promesse d'une économie sur leur facture électrique (1), soit par civisme.

Suffisamment pour effacer un réacteur

Les 60 000 sites équipés constitueront pour la région une capacité d’effacement de 120 à 150 MWc. Voltalis mettre à disposition le BluePod et prendra en charge son installation par un électricien.

Dans le cadre du Pacte Electrique Breton, la convention qui vient d’être signée, à l’initiative du Préfet de région et du Président du conseil régional et avec RTE (gestionnaire du réseau de transport de l’électricité), fixe l’objectif d’équiper en BluePod jusqu’à 300 000 sites (soit une capacité d’effacement pouvant culminer jusqu’à 900 MWc, soit la puissance d’une tranche nucléaire), dont 60 000 en 2011, en commençant dès cet hiver.

à malin, malin et demi...

(1)Voltalis affirme avoir mesuré des économies d'énergie chez les consommateurs équipés du Bluepod. ddmagazine considère que la consommation est simplement décalée dans le temps, ce qui est le but recherché de l'effacement. L'effacement permet d'éviter aux opérateurs du réseau d'acheter de très chers MWh en période de pointe. Ce service est facturé par l'effaceur diffus aux opérateurs.

Photo d'ouverture : Pointe du Raz par Edrysarck

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