Les oubliés de Tchernobyl

lundi 25 avril 2011 Écrit par  Yves Heuillard

la ville fantôme de Pipyat

Dans la nuit du 25 au 26 avril 1986, le réacteur N°4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl en Ukraine explose. Quelles sont les conséquences sanitaires ? Combien de morts ? Sur fond de mensonges d'état, avérés ou dénoncés, les réponses varient du tout au tout selon qu'elles viennent d'autorités officielles du nucléaire ou de scientifiques indépendants. Ci-dessus la ville abandonnée de Pripayt - Photo Pedro Moura Pinheiro.

Jusqu'au printemps 2011, l'accident de Tchernobyl était considéré comme le plus grave accident dans l'histoire de l'industrie nucléaire. Car après la catastrophe qui a généré plusieurs explosions puis la fusion de plusieurs réacteurs à la centrale nucléaire de Fukushima au Japon, la situation n'est toujours pas sous contrôle ; et certains prédisent des conséquences sanitaires énormes

Réacteur N°4 explosé de TchernobylIl est probable qu'in fine, Fukushima rejette dans l'environnement plus d'éléments radioactifs que Tchernobyl. La différence, c'est qu'au Japon, les rejets se font, se feront encore pendant des mois, majoritairement dans l'océan Pacifique, alors qu'à Tchernobyl, une bonne partie du coeur du réacteur a été pulvérisée dans l'atmosphère en quelques explosions successives, et le reste pendant l'incendie qui a suivi.

Au delà des considérations statistiques qui vont suivre, la vraie nature du débat sur les conséquences de Tchernobyl, est difficile à appréhender. Des photographes comme Paul Fusco de l'agence Magnum, Robert Knoth, ou Igor Kostin de l'agence russe Novosti nous la font saisir. Fusco se rend à Tchernobyl en 1997. Ses photos sont terrifiantes. Personne ne voulait les publier.  Ici un diaporama sur le site de Magnum. Ci-dessous un diaporama publié sur Youtube avec les commentaires insoutenables de l'auteur (en anglais - si un lecteur veut traduire, merci). ici un autre diaporama créé sur la base de photos de Knoth et de Fusco.

[video:http://www.youtube.com/watch?v=AC581EeIMKg 425x300]

Le reportage de Paul Fusco "Les oubliés de Tchernobyl" sera publié en France dans le magazine Photo de septembre 2001. Il raconte dans son interview comment il s'est entendu dire par un éditeur : " Mais ne pouvez-vous rien tirer de positif du phénomène des radiations ? Que répondre à ça ? Demandez à la mère d'un de ces enfants." 

L'intention de cet article était de faire un état des lieux des conséquences selon différents points de vue. Au moment de sa publication nous mesurons que les conséquences de l'existence même d'une véritable guerre des chiffres au sujet de souffrances indescriptibles seront peut être encore plus préjudiciables à l'humanité que la catastrophe elle-même.

Rideau de fer et mensonges d'états 

Il n'est pas vain de rappeler aux générations nées dans le 4ème quart du 20ème siècle qu'au moment de Tchernobyl, le rideau de fer - une frontière fortifiée, surveillée, et en grande partie électrifiée qui passait par le milieu de l'Allemagne - isolait totalement l'Europe occidentale du bloc soviétique totalitaire auquel appartenait l'Europe de l'est. La première réaction des autorités soviétiques fut de cacher l'accident au monde. Coup de chance, où coup de malchance, le vent ce jour là a entraîné le nuage radioactif vers l'Europe de l'ouest. Eût-il été orienté vers la Sibérie, que Tchernobyl ne serait peut être aujourd'hui qu'une rumeur.

La progression du nuage

[video:http://www.youtube.com/watch?v=lwxNfy79gl4 250x180]

Animation réalisée par l'IRSN.

Il est important de rappeler aussi, qu'en France les autorités nucléaires ont été mises en cause et accusées d'avoir délibérément laissé croire que le nuage radioactif s'était arrêté aux frontières. "Le mensonge radioactif"  fait toute la une de Libération du 12 mai 1986. "Désinformation nucléaire" titre Le Monde du 13. Le magazine l'Express titre "Nucléaire, les silences de la France". Les services français de radioprotection affirmeront par la suite que les doses de radioactivité ne posaient aucun risque pour la santé. L'affaire du mensonge de Tchernobyl fait toujours l'actualité en 2011 avec un procès à l'initiative de l'Association française des malades de la thyroïde et un seul accusé, le Professeur Pellerin ancien directeur du Service central de protection contre les rayonnements ionisants (SCPRI). Mis en examen pour "tromperie aggravée" il bénéficiera d'un non-lieu en septembre 2011 au grand dam des associations et des véterans du dossier Tchernobyl.

Le week-end le plus long

Le dernier jour de Pripyat

[video:http://www.youtube.com/watch?v=6c0r3rBZVm0 250x180]

Vidéo réalisée par Elena Filatova.

L'accident a lieu dans la nuit du 25 au 26 avril, à 1h24 (21h23 GMT). Le matin du 26 avril un soleil radieux se lève sur la ville de Pripyat, "la ville de l'atome", construite en même temps que la centrale nucléaire. La vie semble normale. Chacun vaque à ses occupations du week-end. Valery Legasov, directeur de l'Institut atomique de Kurchatov est nommé à la tête d'un comité d'évaluation de la catastrophe qui se rend sur le site de la centrale le soir du 26 avril (il se suicidera 2 ans plus tard). Dans la nuit du 26 au 27 avril, le comité dirigé par Legasov prend la décision d'évacuer la population.

L'évacuation commence le 27 avril en début d'après-midi, 36 heures après la catastrophe. Aux habitants qui sont informés qu'ils pourront revenir dans trois jours, il est demandé de ne prendre que le strict nécessaire. 50 000 personnes dont 15 000 enfants partent dans 1000 autobus. Le 30 avril la radioactivité dans les environs de Kiev (2,6 millions d'habitants) est cent fois supérieure aux limites admissibles mais la parade du 1er mai aura quand même lieu.

Ci-dessous clip vidéo réalisée par Elena Filatova dans la ville de Pripyat, devenue ville fantôme. la musique a été offerte par le duo "Huns and Dr.Beeker". 

[video:http://www.youtube.com/watch?v=lleQPaALSLo 440x280]

La population de l'union soviétique ne sera pas au courant de la catastrophe avant le 29 avril. La ville de Tchernobyl située à seulement 14 km de la centrale ne sera pas évacuée avant le 2 mai. Dans la région de Narodichi, à 42 km du réacteur l'évacuation des enfants ne sera effective que le 7 juin. En tout environ 350 000 personnes (135 000 dans la première semaine) durent abandonner leur maison entre 1986 et 2000, dans une zone d'exclusion qui sera élargie, modifiée au fil des années (Source Wikipedia : Chernobyl Disaster).

Les dissimulations de Tchernobyl

Nous l'avons vu, la première réaction des autorités soviétiques fut de cacher l'accident au monde. Le 28 avril on détecte une radioactivité anormale dans les vêtements des travailleurs de la centrale de Formask en Suède, à 1000km de Tchernobyl. L'occident demande des comptes aux soviétiques. Il fallut alors admettre la vérité, du moins la réalité d'un accident. Concernant les conséquences Moscou se veut rassurant ce qui arrange les défenseurs du nucléaire du monde entier.

l'URSS s'effondre 5 ans plus tard

GorbachevMikhail Gorbachev est le dernier président de l'Union Soviétique, en poste au moment de l'accident. Il est l'initiateur de réformes profondes de l'appareil communiste pour sortir de la stagnation, réformes connues sous le nom de "pérestroïka". Gorbatchev dira en 2006 : "La catatstrophe de Tchernobyl, plus encore que la perestroïka, a peut être été la réelle cause de l'effondrement de l'Union soviétique 5 ans plus tard."

Photo Wikimedia Commons (1987)

Il faudra attendre un article de Vladimir Kolinko dans les Nouvelles de Moscou du 19 février 1989 pour contredire l'optimisme du Kremlin sur les conséquences de la catastrophe. L'auteur s'est rendu dans le district de Narodicthi, au-delà de la zone d'exclusion, entre 50 et 90 km au nord-est de la centrale, dans la direction du déplacement des masses d'air le jour de l'accident. Son article fait état de maladies, monstruosités, mutations génétiques chez les animaux, d'affections de la thyroïde chez plus de la moitié des enfants, d'un doublement de la moyenne annuelle de maladies cancéreuses et notamment de cancers de la lèvre et de la cavité buccale.

S'en suivra une contre-attaque des autorités scientifiques soviétiques. S'étendant au monde entier, la controverse sur les conséquences de Tchernobyl opposera jusqu'aujourd'hui défenseurs de l'industrie nucléaire, scientifiques, écologistes et journalistes.

Le 13 novembre 1989, Le magazine américain Time fait sa couverture sur les dissimulations de Chernobyl (The Chernobyl cover-up) et pose la question : "Les autorités soviétiques nous cachent-ils toujours la vérité sur la catastrophe ?" Aujourd'hui encore, même la quantité de matière radioactive relâchée dans l'atmosphère par Tchernobyl fait l'objet de déclarations complètement opposées (10 à 20 fois plus grandes selon les sources), 100 fois Hiroshima selon Greenpeace. 

La France sous l'empire du mensonge originel 

La France, traumatisée par l'affaire du mensonge du nuage de Tchernobyl s'arrêtant aux frontières est probablement, le pays du monde où les oppositions entre protagonistes sont les plus tranchées, les plus violentes. De ce point de vue les versions américaines et françaises de l'entrée "Catastrophe de Tchernobyl" de l'encyclopédie Wikipedia sont éloquentes.

Aussi sur ddmagazine.com

mesure de radioactvivité lors d'une visite à Tchernobyl en 2008

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Photo : Pedro Moura Pinheiro mesure la radioactivité en 2008 sur le site de Tchernobyl. 67 fois la normale.

Au moment où nous écrivons ces lignes, dans l'introduction de la version française il est dit : "Un rapport de l'AIEA (Agence internationale de l'énergie atomique) établi en 2005 recense près de 30 morts par syndrome d'irradiation aiguë directement attribuables à l'accident, et estime que le nombre de morts supplémentaires par cancer dans les populations les plus exposées aux rayonnements (estimé à 4 000 morts d'après les modèles de radioprotection) est trop faible par rapport à la mortalité naturelle (100 000 morts, soit 4 % d'accroissement) pour être détectable par les outils épidémiologiques disponibles."

Précisons que l'AIEA est l'organe de promotion et de collaboration du nucléaire civil de l'Organisation des Nations Unies (ONU) ; ses membres sont les acteurs du nucléaire dans le monde.

Dans la version américaine, à l'entrée "Chernobyl Disatser", on trouve : "le nombre de morts occasionnés par l'accident varie énormément selon les sources ; l'Organisation mondiale de la santé suggère 4000 morts ; un rapport de Greenpeace indique 200 000 morts ou plus ; une étude russe conclut à 985 000 décès entre 1986 et 2004."

Le reste du texte de la version française, bien moins long et bien moins documenté que celui de la version américaine est, de notre point de vue, écrit à l'aune de cette introduction et déséquilibré en faveur des thèses des autorités officielles de radioprotection et de sécurité nucléaire.

De 56 morts à 1 million de morts selon les sources

Immédiatement après l'accident les pompiers locaux et leurs renforts de toute la région sont appelés sur le site pour contenir l'incendie du réacteur 4 et éviter sa propagation au réacteur 3. Les pompiers ne portaient pas d'équipements spéciaux pour ce type d'accident et n'étaient pas prévenus des risques extrêmes encourus. 203 personnes ont été admises à l'hôpital. Officiellement 31 moururent. Les Nations Unies annonceront plus tard le chiffre de 56 décès dus à une exposition extrême aux radiations. C'est le chiffre officiel.

liquidateurs à la centrale de chernobyl en 1986Puis sont envoyés sur place des dizaines de milliers de travailleurs - les fameux liquidateurs - pour nettoyer le site. Appelés parfois "robots vivants", 210 000 liquidateurs, dont la moitié de soldats, équipés de protections dérisoires seront envoyés pour ramasser à la pelle ou à la main les morceaux du coeur du réacteur éparpillés sur les toits et alentours (la photo cliquable ci-contre est extraite d'une très rare vidéo montrant les liquidateurs). La radioactivité est telle qu'ils ne peuvent travailler qu'une minute. 400 000 à 800 000 (selon les sources) autres liquidateurs viendront plus tard de toutes les régions de l'Union Soviétique pour venir à bout d'une tâche démentielle de nettoyage et de construction du sarcophage. La construction du sarcophage est assez peu documentée. Mais il a bien fallu travailler à côté et au-dessus du réacteur, alors que la dose léthale de radiation pouvait être reçue en quelques minutes. Il est d'ailleurs prévu un nouveau sarcophage mais qui sera construit à distance et poussé sur des rails, comme un capot, par dessus l'ancien.

La Gazette Nucléaire N°96/97 de juillet 1989, publiée par un groupement de scientifiques indépendants*, écrit : "Il n'y a guère eu de polémique sur les effets aigus des très fortes doses de rayonnement. Par contre, les effets à long terme continuent à être sujet de controverse. Il est évident que c'est là que se détermine le véritable bilan de la catastrophe. Deux termes sont à prendre en compte: les doses reçues par les populations, le facteur de risque du rayonnement. C'est ce dernier qui caractérise l'effet biologique des faibles doses de rayonnement".

Sur la base des chiffres officiels et selon deux modèles mathématiques de deux organisations officielles différentes, La Gazette Nucléaire publie un bilan dans une fourchette de 2 800 à 560 000 morts par cancer dans les 70 ans qui suivent l'accident. Les auteurs font toutefois état d'un certain nombre de sous-estimations probables et d'oublis dans les hypothèses.  

Un article du magazine américain Time est publié le 28 avril 1991, à la suite de la sortie de l'ouvrage "The truth about Chernobyl" (en français, La vérité sur Tchernobyl), de Grigori Medvedev. L'auteur est physicien et ancien ingénieur en chef de la centrale de Tchernobyl. Il dénonce une "conspiration du silence" et décrit des scènes dantesques où des médecins de Tchernobyl eux-mêmes furent irradiés tant leurs patients émettaient de radiations ; ce que rapporte le magazine Time. 

Le Time cite un rapport soviétique qui fait état d'un registre de 576 000 victimes de l'accident qui pourraient développer des cancers ou d'autres pathologies liées aux radiations, ajoutant que certains des officiels soviétiques pensent qu'au moins 4 millions de personnes pourraient être concernées, principalement dans l'ouest du bloc soviétique (aujourd'hui la Russie, l'Ukraine, la Biélorussie et les pays de l'est de l'Europe), mais aussi en des pays plus éloignés comme l'Allemagne et la Suède.

Les organisations participantes au Tchernobyl ForumEn 2005, le Chernobyl Forum, un groupe d'agence des Nations Unies dont l'AIEA (l'Agence internationale de l'énergie atomique), la FAO (Organisation pour l'agriculture et l'alimentation), l'OMS (Organisation mondiale de la santé,  publie un rapport sur les conséquences de l'accident. Sous le titre de "Chernobyl’s Legacy: Health, Environmental and Socio-Economic Impacts" c'est un document épais de 600 pages et écrit par une équipe internationale d'une centaine de scientifiques. Il conclut à la possibilité de 4000 morts induits par l'accident. Le rapport explique l'augmentation de la mortalité dans l'ex Union Soviétique par l'augmentation de la pauvreté, la dégénérescence mentale des populations (mental health problem), et les conséquences psychologiques du déplacements des populations. 
On ne trouve sur Internet qu'un résumé des conclusions du rapport.  

rapport Greenpeace de 2006 sur les conséquences de TchernobylUne étude critique du rapport du Chernobyl Forum a été publiée en 2006 par Greenpeace. Sous le titre de "Chernobyl Catastrophe : consequences on human health". Il fait état de 200 000 morts générés jusqu'en 2004 dans les seuls états de Russie, Ukraine et Biélorussie et précise dès son introduction que les pires effets sont encore à venir. Grenpeace sera accusée de prise de position idéologique. 

En novembre 2009, un rapport sur les conséquence de la catastrophe de Tchernobyl sur les populations et l'environnement , en anglais "Chernobyl: Consequences of the Catastrophe for People and the Environment" est rédigé par une équipe de scientifiques dont Alexey et Vassily Nesterenko de l'Institut de sûreté des rayonnements de Minsk en Biélorussie. Le rapport est publié dans les annales de l'Académie des sciences de New York. Ses auteurs mettent en cause le Chernobyl Forum qui auraient largement sous-estimé ou oublié de nombreuses conséquences de l'accident.

Le rapport peut être acheté sur Internet, en particulier sur Amazon.com, mais il est probalement possible de le trouver en libre diffusion. Il s'appuie sur l'ensemble des observations faites sur le terrain par les médecins et les scientifiques (plus de 5000 documents étudiés, majoritairement en langues slaves) qu'il oppose aux 350 documents en langue anglaise qui constituent la base du rapport du Chernobyl Forum. Les auteurs évaluent les retombées radioactives sur l'ensemble de l'hémisphère nord et l'exposition à des teneurs dangereuses de 600 millions de personnes. Ils dénoncent le secret érigé en norme en Union soviétique, en France, au Royaume-Uni et même aux états Unis où rien n'a été dit sur l'importation d'aliments contaminés jusqu'en 1991.

rapport de Nestrenko et yablokov sur les conséquences de TchernobylLes auteurs analysent l'ensemble des pathologies dans les zones contaminées et calculent un surcroît de décès de 824 000 morts jusqu'en 2004 dont 170 000 en Amérique du nord. Ils décrivent les mécanismes d'accumulation dans la chaîne alimentaire qui peuvent concourir à l'augmentation de la contamination interne malgré la décroissance de la radioactivité dans le temps. Ils concluent que l'impact sur la santé et l'environnement se fera sentir pendant 6 ou 7 générations et que des mesures de protection doivent être prises, pas seulement en Ukraine, Russie, et Biélorussie mais aussi par exemple en Suède, Norvège, Suisse, Autriche et France. ( Page 322 du rapport).

Dans ses conclusions le rapport cite les propos du président américain John F kennedy au sujet de la nécessité d'arrêter les essais nucléaires dans l'atmosphère (juin 1963). Nous la reprenons ici : "Le nombre d'enfants et de petits enfants avec le cancer dans leur os, des leucémies dans leur sang ou avec des poisons dans les poumons peut apparaître faible comparé aux causes naturelles de décès - mais il ne s'agit pas d'une affaire de statistiques. La perte d'une seule vie humaine, la malformation d'un seul bébé, même si elle arrive longtemps après notre propre mort, doit être prise au sérieux. Nos enfants et nos petits enfants ne se réduisent pas à des statistiques auxquelles nous pouvons être indifférents."

4 Commentaires

  • Lien vers le commentaire jeudi 28 avril 2011 Posté par Pierre75

    Honte à  ceux qui osent aujourd'hui faire croire que les médias ont menti en dénonçant le mensonge des services français du nucléaire, le tristement fameux SCPRI, dirigé par pierre Pellerin, un ancien du CEA.

    Le mardi 1er mai, à  cses ministres de tutelle, La Santé, l'Intérieur et l'Industrie, Pellerin dit : "Je me charge de prouver qu'il n'y a pas de problème" et verrouille l'information. Maurice Papon, le patron du CNRS de l'époque (qui sera condamné plus tard pour complicité de crimes contre l'humanité pour des actes commis sous l'occupation allemande), prie ses agents dont les compteurs Geiger crépitent un peu partout, "de ne pas piétiner les plates-bandes de Pellerin...".

    Voilà  ce que rapporte Louis Puiseux, ancien économiste à  la direction d'EDF, puis directeur d'études à  l'Ecole dez hautes études en sciencez sociales, dans son ouvrage visionnaire "Le crépuscule des atomes" publié en 1986. Louis Puiseux a précisément, avec courage et brio, brisé le consensus. Il montre comment la nucléocratie se méfie de la population. Merci ddmagazine pour cet article factuel bien documenté.

  • Lien vers le commentaire jeudi 28 avril 2011 Posté par yves

    Vous avez raison, l'ouvrage de Grigori Medvedev a bien été traduit et publié en France en 1991, par Albin Michel. Nous avons corrigé ce point.

  • Lien vers le commentaire jeudi 28 avril 2011 Posté par Berthier

    Les images de Knoth et Kostin sont de l'antiscience :il est impossible d'attribuer ses malformations à  Tchernobyl. Dans ce cas il y aurait de telles malformations à  Ramsar, au Kérala, à  Guarapari.

    Il font sans le savoir un travail de militant antinucléaire , en exploitant l'image de la misère de ses enfants.

  • Lien vers le commentaire mercredi 27 avril 2011 Posté par Emmanuel Grenier

    Un exemple : l'auteur nous dit que le livre de Grigori Medvedev n'a pas été traduit en Français. Or, il a été publié par Albin Michel en 1991. Il n'est plus disponible mais on le trouve encore d'occasion. Il se trouve que j'ai lu cet ouvrage et que je n'y ai pas trouvé ce qu'en dit l'auteur de l'article.

    Un autre exemple à  propos du fameux mensonge des autorités françaises :[Nous avons supprimé* un lien ici vers un document. Le document en question pose la question de savoir qui a MENTI aux français : le professeur PELLERIN ? ou le journal LIBERATION ?, La rédaction]

    Enfin, sur la guerre des chiffres, il me semble que l'auteur compare le consensus scientifique international du Forum Tchernobyl à  des études idéologiquement orientées. Il agit ainsi un peu comme les climatosceptiques, qui remettent en cause l'ensemble des travaux du GIEC, le consensus scientifique international sur le climat.

    Je pense qu'il faut bien sûr écouter les voix dissidentes, mais les placer sur le même plan que le consensus relève de la désinformation.

    Emmanuel Grenier

    [l'auteur avait fait figurer un lien abrégé vers un document word que nous avons supprimé. Nous invitons l'auteur a synthètiser son document dans un autre commentaire. La rédaction]

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