En cas d'accident nucléaire, êtes-vous assuré ?

vendredi 27 avril 2012 Écrit par  rédaction

reacteur3 de la centrale nucléaire Fukushima

La revue de prospective "Futuribles" publie un article sur la réalité des garanties pour faire face aux conséquence d'un accident nucléaire en France.

Au-delà des débats relatifs à la pertinence du recours à l’énergie nucléaire, il est légitime de s’interroger — outre sur les capacités de prévention des risques nucléaires — sur la manière dont seraient prises en charge les conséquences d’une éventuelle catastrophe nucléaire en France. La revue Futuribles - excellente revue de prospective sur les grands enjeux du monde contemporain - publie un article « explosif » de Guy Brassard sur la réalité des garanties existantes en France pour faire face aux conséquences éventuelles d’un accident nucléaire (numéro de mai 2012).

Après avoir rappelé les limites de la responsabilité d’EDF et de celle de l’état en France en matière d’indemnisation des dommages qui découleraient d’une telle catastrophe, Guy Brassard  souligne l’insuffisance des garanties en vigueur et en appelle à la création d’un fonds de réserve pour les événements exceptionnels.

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L’auteur insiste sur la nécessaire mitigation du risque nucléaire via une évaluation claire des centrales sur base de paramètres de sécurité uniformes, une analyse économique du mix électrique rendue publique, et la mise en place de mesures d’efficacité et de prudence dans l’utilisation du parc nucléaire français.

Il propose enfin un modèle de calcul du coût d’une assurance contre les risques exceptionnels, fondé sur de nombreuses études internationales, dont il ressort qu’une augmentation très modérée du coût de l’électricité permettrait de provisionner 100 milliards d’euros en 18 ans pour faire face à un risque centennal. Un investissement d’avenir assez peu sensible en regard du coût qu’aurait pour les finances publiques la survenue d’une telle catastrophe…

carte du risque nucléaire autour de la centrale du Blayais selon GreenpeaceReste que le calcul d'un fonds d'assurance suppose une évaluation convenable des probabilités (le sujet fait débat) et que l'évaluation de la perte du vignoble bordelais, pour ne citer qu'un exemple, amène à nous poser une question plus simple : peut-on courir le risque ? Ci-contre carte réalisée avec l'effroyable simulateur de risques nucléaires de Greenpeace.

Dans le numéro de juin 2011 de la même revue Futuribles, numéro consacré aux questions énergétiques, Corinne Lepage spécialiste des questions environnementales et ex-ministre français de l’Environnement, considère que les risques écologiques et financiers sont bien trop grands pour qu’on les coure. Et ce d'autant que les énergies renouvelables et l'efficacité énergétique nous offrent de faire sans le nucléaire.