Fukushima : des médecins dénoncent désinformation et risques minimisés

lundi 03 septembre 2012 Écrit par  rédaction

L'association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire fait part de ses constats et de ses recommandations pour protéger la santé des Japonais après Fukushima.

L'association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire (IPPNW) s'est tenue à Hiroshima du 24 au 26 août derniers. à cette occasion elle a envoyé une délégation de 30 médecins de différentes nationalités sur le site de Fukushima le 28 août pour rencontrer des médecins locaux, et fait part de son constat et de ses recommandations pour protéger la santé des Japonais après la catastrophe.

L'IPPNW rappelle en premier lieu que le nucléaire civil et le nucléaire militaire sont inextricablement liés, extrêmement dangereux pour la santé à tous les stades, risquent de rejeter des quantités catastrophiques de radiations, et représentent le danger le plus important pour la santé de l'humanité
(ici le document original en anglais ).

Les médecins rappellent que les désastres nucléaires comme Fukushima ont des conséquences graves sur le long terme ; que les contaminations se propagent via l'océan et l'atmosphère à toute la planète avec des impacts sur la santé de ses habitants. Ils rappellent également qu'il n'existent pas de traitement approprié pour guérir des effets catastrophiques sur la santé de l'explosion d'une bombe atomique ou d'un accident comme Fukushima.

L'IPPNW s'inquiète de la santé de plus de 20 000 employés qui ont travaillé sur le site de Fukushima depuis la catastrophe et de ceux, très nombreux, qui viendront encore y travailler pendant des décennies. L'association souligne de nombreux cas rapportés de protection insuffisante des travailleurs, de résultats de mesures falsifiés à la baisse, de mauvaises informations diffusées par les dirigeants, et via le système scolaire, tendant à minimiser le risque des radiations.

L'IPPNW avait déjà tenu a faire part de ses recommandations au gouvernement japonais. Dans un courrier au Premier ministre Japonais Nato Kan l'association internationale de médecins avait rappelé que dès les premiers jours après la catastrophe de Fukushima elle avait exprimé ses regrets que les populations locales et la communauté internationale n'aient pas été complètement informées de la nature et de l'étendue des émissions radioactives, que les zones d'évacuation n'aient pas été plus larges, que les valeurs limites d'exposition semblaient inadéquates à la protection de la population, en particulier des femmes enceintes et des enfants.

L'association rappelle qu'elle est perturbée par des rapports récents mettant en causes les agences gouvernementales en charge de la sûreté nucléaire, parce qu'elles auraient fait passer l'intérêt économique et politiques avant celui de la santé publique.

Une situation encore instable

Les médecins s'inquiètent de l'instabilité actuelle de la situation (faisant certainement référence aux piscines de combustibles usés du réacteur N° 4, ndlr) et des risques liés à un éventuels prochains séismes (le réacteurs 4 en ruines pourrait s'effondrer). Dans cette éventualité, Ils invitent le gouvernement à mettre en place des mesures d'évacuations rapides d'une zone de 80 à 100 km autour de la centrale.

Des doses inacceptables

Les médecins de L'IPPNW considèrent que la limite de dose autorisée actuelle pour la population de 20 mSv (20 millisievert) est inacceptable. Plus concrètement l'association appelle à : indiquer de façon détaillée les zones contaminées ; gérer les populations sur la base des contaminations externes et internes (via la respiration des poussières et l'alimentation, ndlr) exacts, et non sur la simple mesure de la distance à la centrale nucléaire ; mettre en place un système de suivi de la santé des populations qui soit transparent, partagé avec la communauté internationale, vérifiable par des scientifiques indépendants ; remettre le maximum de doses admissible par la population à 1 mSV (insistant encore sur la prise en compte de l'exposition interne, celle qui se fixe dans les organes comme les poumons, le foie, ou les os, ndlr) et sur la nécessité d'appliquer cette mesure immédiatement aux enfants et aux femmes enceintes ; informer largement les citoyens sur les moyens de se protéger des retombées radioactives liées à la catastrophe.  

[Photo d'ouverture : champ de riz à Fukushima, photo CC prise en 2006]

1 Commentaire

  • Lien vers le commentaire jeudi 06 septembre 2012 Posté par Rolande Lacourt

    Quand on sait comment l'AIEA a muselé l'OMS, il serait nécessaire que cette association écrive aussi à  l'ONU et à  l'AIEA, car c'est à  ce niveau que le problème se pose.L'AIEA qui devait assurer la sécurité n'est rien de plus qu'un organisme de promotion du nucléaire, les études sur Tchernobyl ont été stoppées car l'OMS est tenue par l'AIEA, et c'est dès le début de la catastrophe qu'il fallait crier non aux doses de 20 millisiverts déclarées acceptables en totale contradiction avec les travaux du Pr.Bandachevski sur les enfants de Tchernobyl.Cette expérience, et notamment sur les aliments capables de réduire un peu les impacts des radionucléides, aurait du être apportée d'entrée par l'AIEA au Japon pour sauvegarder les enfants et jeunes adultes. Pour quiconque a suivi chaque information sur cette catastrophe , on peut dire avoir assisté à  un crime qui n'en finit pas.Enfin, c'est bien de voir une association de médecins se bouger, mais un an et demi après , ça laisse pantois.

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