Limiter le nucléaire a peu d'effet sur le coût des politiques climatiques

jeudi 04 octobre 2012 Écrit par  Yves Heuillard

Poste de contrôle de la centrale nucléaire de Zwentendorf

Le nucléaire ne produit pas beaucoup de CO2 et serait la solution la moins coûteuse pour lutter contre le réchauffement climatique. Des chercheurs montrent que, nucléaire ou pas, le coût est sensiblement le même.

Après Fukushima, la question s'est immédiatement posée de l'impact de la limitation (voire de la sortie) du nucléaire sur les coûts de la lutte contre le réchauffement climatique. Nombreux furent les avis catégoriques et les cris d'orfraie, en France du moins, annonçant que le ciel nous tomberait sur la tête à la seule pensée de remettre en cause l'ordre établi du nucléaire. Et pour les plus cyniques, plutôt que de mettre en péril l'humanité demain du fait du réchauffement climatique, il valait finalement mieux prendre le risque de quelques catastrophes, mais reporter à plus tard l'échéance du jugement dernier. Eh bien non. 

Une équipe de scientifiques du Postam Institute for Climate Impact Research (Allemagne) et de l'Université de Dayton (Ohio, USA) a simulé l'impact des différentes options - de la renaissance flamboyante du nucléaire à la sortie pure et simple et sans délai - sur les efforts d'investissements nécessaires à la limitation des émissions de CO2 et sur le PIB mondial.

Ils parviennent à ce résultat étonnant : ça ne change pas grand chose. Il s'avère qu'une forte réduction des émissions de gaz à effet de serre, a bien plus d'impacts sur l'économie que les politiques en faveur du nucléaire. L'étude a été publiée cette semaine dans les Annales de l'Académie nationale des sciences des états-unis. Elle apporte de l'eau au moulin des partisans de ne pas investir jusqu'à 25 milliards d'euros pour rafistoler nos vieilles bouilloires atomiques et conforte la politique énergétique allemande.

[Ci-dessus poste de commande de la centrale nucléaire de Zwentendorf en Autriche, jamais mise en service sur la décision du peuple consulté par référendum - Photo CC Exodus