Changement climatique : le Rhin sera parfois à sec

jeudi 22 novembre 2012 Écrit par  André Langwost, Yves Heuillard

Le directeur de l'Institut pour le climat de Potsdam prédit que, du fait du changement climatique, le Rhin s'assèchera à plusieurs reprises d'ici la fin du siècle.

Selon un article du magazine allemand "Zeit", Hans Joachim Schellnhuber, le directeur de l'Institut pour le climat de Potsdam (Potsdam-Institut für Klimafolgenforschung, PIK), également conseil de Angela Merkel, prédit que le changement climatique provoquera plus d'inondations et de températures extrêmes en Allemagne et que le Rhin s'assèchera à plusieurs reprises d'ici la fin du siècle. Pourtant l'Allemagne ne fait pas partie des pays où les effets des changements climatiques se feront sentir le plus rapidement.

C'est dans le contexte de l'ouverture prochaine de la conférence sur le climat de Doha (au Quatar), que s'exprime le directeur de l'éminemment respecté Institut de Potsdam pour le climat. Le rapport "Arrêtez le chauffage, pourquoi une augmentation de 4°C doit être évitée", publié par l'Institut à l'attention de la Banque mondiale n'est pas optimiste, c'est le moins qu'on puisse en dire.

Si les températures moyennes devaient s'élever de 4°C, les régions tropicales subiraient, toujours selon le l'Institut de Potsdam, un véritable choc climatique, et l'humanité une situation à laquelle elle n'a jamais été confrontée : vagues de chaleurs monstrueuses, montée des eaux affectant des centaines de millions de terriens, faillite agricole de certaines régions menaçant la sécurité alimentaire du monde, acidification des océans, épidémies, guerres pour l'accès à l'eau et à l'espace fertile... Le seul coût de la montée des eaux (perte de terres, réinstallations et reconstructions) sera de l'ordre de 70 milliards de dollars d'ici 2080.

réchauffement climatique à la fin du sièclePour Hans Joachim Schellnhuber, les conséquences climatiques des émissions de massives de gaz à effet de serre par les activités humaines pourraient être limitées s'il y avait seulement une volonté politique.

L'évocation du chiffre de 4°C n'augure pas du salut de la civilisation. La perspective de 2°C était jusqu'alors le chiffre de référence au centre de toutes les discussions et de tous accords de limitation du réchauffement. Le chiffre publié par le site Climate Action Tracker (graphique ci-contre), et qui tient compte de la réalité des émissions de gaz à effet de serre et des engagements des nations, donne un chiffre de 3,3°C à la fin du siècle, 2,6 degrés au mieux, 4,1 au pire. Le Climate Action Tracker est publié par des scientifiques de différents instituts de recherches dont l'Institut de Potsdam pour le climat. 

Photo d'ouverture CC A.renate